Tunisie-Tribune (anakinra) – Anakinra. Ce médicament ne vous dit peut-être pas grand-chose mais il aurait des effets bénéfiques sur les patients atteints du Covid-19. C’est ce que laisse supposer une nouvelle expérience menée cette fois à Marseille (Bouches-du-Rhône), après de précédents travaux allant dans le même sens au printemps. Une bonne nouvelle, alors que la crainte d’une « seconde vague » épidémique plane sur la France. Les médecins craignent que le rebond du nombre quotidien de nouveaux cas actuellement observé entraîne, à court ou moyen terme, une augmentation du nombre de patients dans les services de réanimation.
Voici ce qu’on sait de ce traitement, de ses potentiels effets, des éléments encore à établir et de la course aux autres médicaments.
Qu’est-ce que l’anakinra ?
Ce médicament, vendu sous le nom « Kineret », est connu et bien installé dans le paysage médical depuis plusieurs décennies. Faisant partie de la gamme des anti-inflammatoires, il est essentiellement utilisé en rhumatologie pour soigner certaines maladies comme les polyarthrites rhumatoïdes. Il a aussi comme avantage de ne pas être associé à des effets indésirables graves.
Comment pourrait-il être efficace contre le Covid-19 ?
Pour bien comprendre, il faut savoir que les patients qui décèdent du Covid-19 succombent généralement à un « orage cytokinique », qui se produit lorsque le système immunitaire réagit de façon incontrôlée à une infection. L’organisme risque alors de développer un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), pouvant conduire à la mort. « C’est quelque chose de parfaitement connu depuis trente ans, et on sait qu’il y a plusieurs molécules qui peuvent agir dans ce mécanisme », décrit auprès du Parisien Jean-Jacques Mourad, chef de service de médecine interne du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (GHPSJ).

Que sait-on de ses effets ?
Plusieurs travaux menés sur quelques dizaines de patients ont montré des résultats encourageants : l’anakinra permettrait de limiter le risque de forme clinique très grave et donc de passage en réanimation voire de décès.
Ce vendredi, La Provence a rapporté l’expérience effectuée sur 12 patients âgés de 61 ans en moyenne et hospitalisés à l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Tous ont reçu ce médicament et ont été tirés d’affaire alors que, « dans un groupe contrôle de 10 patients au profil très similaire, on a déploré deux décès », indique au quotidien le Pr Gilles Kaplanski, spécialiste de médecine interne et d’immunologie.
Au printemps, une équipe pluridisciplinaire du GHPSJ (XIVe arrondissement de Paris) avait administré de l’anakinra à 52 patients. Là aussi, les bénéfices étaient plus que prometteurs : un quart d’entre eux avaient été transférés en réanimation ou sont décédés, contre près de 73 % de ceux n’en ayant pas absorbé. L’étude s’est poursuivie et, aujourd’hui, elle a concerné « 125 patients au total, avec des résultats du même acabit », nous indique Jean-Jacques Mourad, le co-auteur de l’étude (ces résultats sont en cours d’analyse avant une éventuelle publication). « Il y a d’autres études, notamment en Italie et aux Etats-Unis, qui vont dans le même sens », ajoute le médecin.
Que reste-t-il encore à démontrer ?
Reste que tous ces travaux concernant l’anakinra n’ont pas été réalisés dans les formes habituellement requises d’un essai clinique, notamment la randomisation (répartition au hasard dans tel ou tel groupe des patients) et la participation d’un nombre élevé de malades. « Mais l’amplitude du bénéfice est tellement évidente ! », balaie le médecin du GHPSJ.
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