- Sortir du sous-emploi : Réguler les plateformes pour protéger les prestataires.
- Localiser les données : Construire des centres de données sur le sol africain.
- Unité continentale : Négocier avec les géants du Web avec une stratégie commune.
Tunisie-Tribune (L’Afrique face au défi de l’Ubérisation) –Dans un récent podcast qui a suscité de vifs débats, l’expert en technologies Walid Naffati soulève une question cruciale : l’Afrique doit-elle se contenter de consommer les modèles de l’économie à la demande (l’ubérisation) ou doit-elle les réinventer pour garantir sa propre souveraineté ?
Alors que les plateformes mondiales s’installent durablement sur le continent, l’enjeu n’est plus seulement technique, il est politique et structurel.

1. L’Ubérisation : Opportunité de développement ou nouveau « Sous-Emploi » ?
L’ubérisation en Afrique est souvent présentée comme une solution miracle au chômage des jeunes. En transformant chaque détenteur de smartphone en prestataire de services (chauffeur, livreur, freelance), ces plateformes offrent une flexibilité immédiate.
Cependant, Walid Naffati et de nombreux observateurs pointent du doigt un risque majeur : la création de sous-emplois. Ces travailleurs, souvent sans protection sociale et dépendants d’algorithmes opaques, se retrouvent dans une forme de précarité numérique.
Le défi : Passer d’une ubérisation subie à une ubérisation choisie, où les plateformes sont adaptées aux réalités économiques locales et respectent les droits des travailleurs.
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2. Le Combat pour la Souveraineté Continentale
Le cœur du message est clair : l’Afrique ne peut pas déléguer ses infrastructures de services essentiels à des entités étrangères sans contrepartie. La souveraineté numérique repose sur trois piliers :
- La Souveraineté des Données : Où sont stockées les données des citoyens africains ? Qui les analyse ? L’enjeu est de garder le contrôle sur le « pétrole » du XXIe siècle pour nourrir les IA locales.
- La Souveraineté Infrastructurelle : Réduire la dépendance aux GAFAM en développant des clouds souverains et des câbles sous-marins gérés par des consortiums africains.
- La Souveraineté de l’Imaginaire : Ne pas copier-coller les modèles de la Silicon Valley, mais créer des algorithmes qui répondent aux spécificités sociales et culturelles du continent (langues locales, systèmes de paiement informels, etc.).
3. Le Panafricanisme Numérique : Négocier de façon décomplexée
L’une des idées fortes défendues par Naffati est la nécessité pour les États africains de négocier d’une seule voix. À l’instar de l’Union Européenne avec le RGPD, l’Afrique doit imposer ses conditions aux géants du numérique.
Il s’agit de prôner un panafricanisme numérique où les intérêts des populations priment. Cela passe par :
- L’harmonisation des régulations à l’échelle continentale pour faciliter l’expansion des startups locales (ZLECAF numérique).
- L’investissement massif dans l’éducation pour que les Africains ne soient pas seulement des utilisateurs, mais les architectes de ces systèmes.
Penser l’Afrique de demain
L’ubérisation ne doit pas être une fatalité de la précarité, mais un levier de formalisation de l’économie si elle est encadrée. Comme le souligne Walid Naffati, l’Afrique a le potentiel de devenir un leader mondial de l’innovation si elle parvient à marier technologie et souveraineté.
Le message est une invitation à l’action pour les décideurs, les entrepreneurs et les citoyens : il est temps de construire un écosystème où la technologie sert l’humain, et non l’inverse.
























































