Tunisie-Tribune (les services d’eau durables) – Confrontée à une raréfaction croissante de ses ressources en eau, l’Afrique du Nord s’engage dans une transformation urgente de ses systèmes agricoles, selon un récent rapport de la Banque mondiale intitulé « Nourish and Flourish: Water Solutions to Feed 10 Billion People on a Livable Planet ».
À l’horizon 2050, alors que la population mondiale devrait atteindre 10 milliards d’habitants, la région apparaît comme l’un des foyers les plus exposés au stress hydrique.
Ce document, dont la publication coïncide avec la célébration de la Journée mondiale de l’Eau (le 22 mars), met en évidence une dégradation rapide des aquifères dans les zones arides et semi-arides d’Afrique du Nord.
La surexploitation des nappes souterraines, souvent supérieure à leur capacité de recharge, fragilise durablement les systèmes agricoles et accentue la dépendance des pays aux importations alimentaires. La majorité des États de la région est ainsi classée parmi les zones à fort stress hydrique et faible autonomie alimentaire, selon le même document.
Le rapport évoque plusieurs initiatives émergentes pour améliorer la gestion de l’eau et renforcer la résilience du secteur agricole. Il souligne notamment l’essor de mécanismes de financement innovants favorisant l’implication du secteur privé dans les infrastructures hydrauliques et les technologies économes en eau. Il s’agit, entre autres, de certaines expériences nationales, notamment au Maroc, illustrant le potentiel de dispositifs combinant partage des risques, accès au crédit et modernisation des équipements agricoles, en particulier dans le domaine de l’irrigation solaire et de la micro-irrigation.
À l’échelle régionale, la Banque mondiale recommande de passer d’une logique centrée sur la construction d’infrastructures à une approche axée sur la fourniture de services hydriques durables.
Cette évolution s’appuie sur le recours accru aux technologies numériques, telles que les données satellitaires et l’intelligence artificielle, déjà mobilisées dans certaines zones sahéliennes et transfrontalières pour améliorer la cartographie et l’exploitation des ressources en eau.
Selon le rapport, les pays d’Afrique du Nord gagneraient à mettre en place des politiques de gestion plus strictes, incluant la régulation des prélèvements, la valorisation économique de l’eau et le développement de partenariats public-privé.
Ces approches sont essentielles pour assurer la sécurité alimentaire et environnementale de la région dans les décennies à venir, estiment les auteurs du rapport.




























































