- Le « Plan Lamouchi », Réformer ou disparaître
Tunisie-Tribune (Le Plan Lamouchi face à l’agonie de notre football) – Le verdict est tombé, et il fait l’effet d’une douche froide. En annonçant, de concert avec Ziad Jaziri, qu’il ne superviserait plus les matchs de la Ligue 1 — à l’exception notable des gardiens de but locaux et des joueurs de l’EST (Espérance Sportive de Tunis) seulement en compétitions africaines, Sabri Lamouchi vient de placer le football tunisien devant un miroir peu flatteur.
Ce n’est plus une simple crise de résultats, c’est un constat de décès technique pour notre championnat local.
Le naufrage statistique : La Tunisie dégringole au 47e rang mondial
Ce désamour du nouveau sélectionneur pour le cru local ne sort pas du néant.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au dernier classement FIFA de janvier 2026, la Tunisie a lourdement chuté à la 47e place mondiale, perdant six positions en un mois.
Pire, sur l’échiquier continental, les Aigles de Carthage reculent au 8e rang africain, désormais devancés par des nations comme l’Algérie, l’Égypte ou le Nigeria.
Ce déclassement historique est le fruit d’une érosion lente mais certaine, confirmée par une sortie prématurée lors de la dernière CAN 2025.
La Ligue 1 au banc des accusés : Rythme de jeu de quartier sur terrains vagues
En qualifiant, avec une brutalité nécessaire, notre compétition de « championnat de quartier », le staff technique pointe du doigt une réalité que les instances ont trop longtemps voulu masquer. Entre des infrastructures délabrées — où le gazon est devenu un luxe — et un rythme de jeu haché par des interruptions incessantes, le joueur local évolue aujourd’hui dans une bulle déconnectée du haut niveau.
- Lamouchi l’a compris : on ne prépare pas une Coupe du Monde 2026 en observant des matchs où le temps de jeu effectif dépasse rarement les 45 minutes.
L’exception de l’EST… (seul baromètre continental)
Le choix de ne retenir que l’Espérance Sportive de Tunis (EST) comme unique laboratoire local est un message clair envoyé aux autres clubs. En se basant exclusivement sur les performances en Ligue des Champions de la CAF, Lamouchi impose la confrontation internationale comme seul juge de paix. Pour le sélectionneur, le « High Level » ne se trouve plus dans les derbys nationaux, mais dans les duels face aux géants du Caire, de Casablanca ou de Pretoria.
Une méritocratie sans complaisance : Est-ce la fin du clientélisme ?
Pendant des années, la sélection a parfois servi de vitrine pour valoriser des joueurs locaux en vue de transferts juteux. Cette ère semble révolue. En verrouillant la porte aux « invitations de complaisance », Sabri Lamouchi et Ziad Jaziri imposent une rupture culturelle. Désormais, le maillot national ne sera plus un dû pour les cadres des « grands » clubs tunisiens, mais une récompense réservée à ceux qui brillent dans l’intensité du professionnalisme pur ou du top niveau continental.
Conclusion : Réformer ou disparaître
Cet électrochoc est peut-être la dernière chance pour notre football. Soit les clubs et la Fédération engagent une refonte structurelle — professionnalisme réel, pelouses dignes, formation d’élite — soit l’équipe nationale finira par devenir une sélection 100% « hors-sol », composée uniquement de binationaux e.
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Lamouchi n’a pas méprisé le football tunisien… il a simplement cessé de mentir à son sujet.



























































