Transition énergétique en Tunisie : Décalage entre ambitions et capacités

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Tunisie-Tribune (Transition énergétique en Tunisie) – Le décalage structurel entre les ambitions affichées et les capacités institutionnelles constitue un véritable défi pour la transition énergétique en Tunisie. Malgré les progrès notables réalisés sur les plans juridique et politique, la mise en œuvre de ces cadres se heurte à des obstacles importants en raison de la complexité administrative, des contraintes financières et de la faiblesse des capacités techniques au niveau local et national, c’est ce qui ressort d’un récent rapport de l’organisation Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Intitulé « De la sécurité énergétique à la souveraineté : Voies pour une transition énergétique juste en Égypte, au Maroc et en Tunisie », le rapport souligne que les mécanismes d’appropriation par la communauté locale et de partage des revenus sont pratiquement absents des plans nationaux. Les cadres régissant les projets de production d’énergie privilégient souvent les investisseurs au détriment des communautés, ce qui renforce les inégalités dans l’accès aux avantages des énergies renouvelables et limite le soutien du grand public à la transition énergétique.

Le même document indique, toutefois, que la Tunisie bénéficie d’un excellent ensoleillement ; la plupart des régions intérieures et du sud  recevant entre 2 000 et 2 300 kilowatts par heure/mètre carré/an, avec des vitesses de vent modérées dans les régions du nord et du centre. Le plan solaire tunisien, lancé en 2009 et modifié à plusieurs reprises, fixe comme objectif d’atteindre 30 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030. Cependant, cette part reste inférieure à 5% en 2024, ce qui reflète une défaillance en termes de mise en œuvre.