Afrique : 600 millions de personnes privées d’électricité, le coup de pouce colossal de 4,5 milliards $ des Émirats

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– « L’Afrique ne veut plus seulement des dons, elle veut des infrastructures

– Les Émirats l’ont compris, et la Tunisie a le savoir-faire pour construire ces ponts », résume un expert du secteur lors du récent Forum Afrique-France à Tunis.

Tunisie-tribune (Afrique : 600 millions de personnes privées d’électricité) – Alors que plus de la moitié de la population subsaharienne vit encore dans l’obscurité, les Émirats arabes unis (EAU) déploient une offensive financière sans précédent.

 Avec 4,5 milliards de dollars injectés dans les énergies vertes, Abu Dhabi ne se contente pas de faire de la philanthropie : il redessine la carte énergétique du continent. 

Quel rôle pour la Tunisie dans ce grand Monopoly vert ?

L’urgence : Un continent dans la pénombre

Le constat est alarmant. En 2026, malgré les sommets internationaux à répétition, 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une électricité fiable. Ce déficit colossal paralyse l’éducation, les hôpitaux et l’industrie. Paradoxalement, l’Afrique détient 60 % du potentiel solaire mondial, mais ne capte que 2 % des investissements globaux. C’est ce fossé que les Émirats ont décidé de combler.

« Etihad 7 » : Le plan Marshall émirati

Lancée lors du sommet de Nairobi et consolidée depuis, l’initiative Etihad 7 vise à fournir de l’énergie propre à 100 millions de personnes d’ici 2035. Pour y parvenir, les EAU mobilisent leurs poids lourds :

  • Masdar : Le géant des renouvelables.
  • AMEA Power : Déjà très actif avec des projets majeurs, notamment la centrale solaire de Kairouan en Tunisie.
  • ADFD (Fonds d’Abu Dhabi pour le développement) : Pour le financement des infrastructures de réseau.

Focus Tunisie : Un pont stratégique et des opportunités réelles

Si l’essentiel des fonds est fléché vers l’Afrique subsaharienne, la Tunisie se retrouve au cœur de cette dynamique pour deux raisons majeures :

1. La Tunisie comme « Laboratoire » et Partenaire

Les entreprises émiraties, à l’instar d’AMEA Power, utilisent déjà la Tunisie comme terrain d’investissement stratégique (Projet de 100 MW à Kairouan, projets à Sidi Bouzid et Gafsa). En février 2026, la coopération s’est accélérée avec des discussions sur des centres de données à haute efficacité énergétique, positionnant Tunis comme un hub numérique et vert entre l’Europe et le Golfe.

2. L’expertise tunisienne : Un produit d’exportation

Le savoir-faire des ingénieurs tunisiens en gestion de réseau et en électrification rurale est une mine d’or. Des consortiums comme le TUCAD (Tunisia Consortium for African Development) viennent de signer des accords de coopération avec des géants comme le Nigéria. Les PME tunisiennes spécialisées dans le photovoltaïque, le conseil en ingénierie et la maintenance ont une carte maîtresse à jouer pour accompagner les projets financés par les fonds émiratis sur le continent.

Vers une souveraineté énergétique partagée ?

L’enjeu pour la Tunisie sera de ne pas être un simple spectateur ou un couloir de transit énergétique. En captant une partie de cette manne de 4,5 milliards de dollars, le pays peut moderniser son propre réseau tout en exportant son expertise vers ses voisins du Sud.

« L’Afrique ne veut plus seulement des dons, elle veut des infrastructures. Les Émirats l’ont compris, et la Tunisie a le savoir-faire pour construire ces ponts », résume un expert du secteur lors du récent Forum Afrique-France à Tunis.