« Tango Argentina » s’invite à Carthage et invite, dans une première, un public bien averti

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Tunisie-Tribune (Tango Argentina) – porté par des couples de tangueros choisis parmi les meilleurs danseurs des cabarets argentins, le spectacle « Argentina Tango » a été au grand bonheur des résidents argentins et de l’Amérique Latine, d’un grand nombre d’italiens, d’espagnols, mais aussi de plusieurs membres de la communauté arabe résidant en Tunisie et de Tunisiens passionnés par le tango une occasion de suivre avec plaisir de véritables tableaux chorégraphiques où la danse, le jeu de théâtre, l’humour et le chant ont été au menu.

Mais le moment fort de cette invitation au royaume du Tango et de la sensualité, c’est que les protagonistes de la comédie musicale ont, à la fin de leur prestation, invité à leur tour le public à venir partager avec eux la scène, -une première à Carthage- au grand dam des agents de la sécurité et de la protection civile.

« Il fallait peut être inviter sur scène quelques personnes mais pas tout le monde quant même » lance un sexagénaire d’un ton énervé. « C’est indécent vis à vis de la scène de Carthage… on n’est tout de même pas dans un mariage ni dans un spectacle de rue » lança sa compagne.

Quoique les avis divergent, la soirée a été ponctuée par des rythmes fascinants qui retracent l’histoire du tango argentin. Les tableaux chorégraphiques donnent à penser à des histoires en provenance des faubourgs décadents des années 40. Durant presque deux heures, « Tango Argentina » a offert aux plus fins connaisseurs un haletant voyage au cœur de Buenos Aires. Et c’est dans cette atmosphère que s’inscrit la comédie musicale « Argentina Tango », présentée mardi soir dans le cadre de la 53ème édition du festival international de Carthage, une comédie qui a été jouée dans le monde entier, en Europe, en Chine, au Moyen Orient… et dans les plus prestigieux théâtres comme le Palais des Congrès de Paris, l’Opéra de Shanghai et le Grand Rex de Séoul.

Dans des allers-retours, c’est la sensualité et la jalousie qui semblent être au coeur des rebondissements de la gestuelle et des mouvements dont la production combine les styles de tango du passé et du présent : des tangos des années quarante et où on y trouve les thèmes favoris des chanteurs de tango : l’amour, la passion, la trahison…. Le tout présenté comme un voyage à travers l’histoire de cette expression qui a vu le jour en Italie, grandi en Espagne et évoluer en Argentine.

Sur la scène du théâtre antique de Carthage, le public a été ébloui par les gestes des danseurs et leurs mouvements aériens, précis, gracieux, tendres et toniques, au rythme d’une musique mélodieuse et harmonieuse avec les sonorités voluptueuses du piano associé au violon et au violoncelle.

Remontant aux origines de cette danse qui fonde la culture argentine,  » le tango, c’est l’histoire des immigrés italiens en Argentine  » a relevé l’un des membres de la troupe au cours de la conférence de presse organisée après le spectacle dans les coulisses du théâtre. Cette déclaration résumait en effet tout le spectacle qui a raconté dans l’un de ses tableaux, le départ de l’un des leurs, avec le cortège des douleurs inhérents à tous les départs, la tristesse des adieux, et la peine de l’exil. Mais les artistes sont allés très loin encore, pour célébrer à leur manière ceux dont l’apport a permis au Tango d’évoluer à travers le temps. Un clin d’œil épatant aux grands maître de l’Opéra, de la musique napolitaine et à tant d’autres dont Charlie Chaplin et son célèbre film  » les feux de la rampe  » dédié notamment à une danseuse en souffrance. Et en clap de fin, une interprétation d’une rare beauté de la célèbre chanson  » Don’t Cry for me Argentina  » qui a fortement séduit un public bien averti.

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