La FIJ exhorte les gouvernements et les réseaux sociaux à œuvrer pour éradiquer la violence fondée sur le genre

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Tunisie-Tribune (violence fondée sur le genre) – A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, organisée le 25 novembre, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son Conseil du genre appellent les gouvernements du monde entier à prendre leurs responsabilités pour mettre fin aux violences faites aux femmes en ratifiant la Convention n°190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. En outre, ils exhortent les réseaux sociaux à introduire des mesures contraignantes pour lutter contre les violences en ligne.

Selon une enquête de la FIJ publiée en 2017, 48% des femmes journalistes ont affirmé avoir été victimes de violence sexiste dans le cadre de leur travail, tandis que 44% ont déclaré avoir été confrontées à du cyberharcèlement.

De plus, le sondage a révélé que deux tiers de celles qui avaient subi de la violence fondée sur le genre ne l’avaient pas signalé, et que, parmi celles qui l’avaient fait, 85% estimaient que les mesures prises contre les auteurs étaient insuffisantes. Toujours d’après l’enquête, seule une entreprise de média sur cinq a adopté une politique couvrant la violence sexiste et le harcèlement sexuel.

La lutte contre la violence fondée sur le genre au travail doit être soutenue par de solides politiques et procédures qui punissent ceux qui s’en prennent aux femmes et qui établissent clairement une tolérance zéro en faveur des violences sexistes dans les rédactions”, déclare Maria Angeles Samperio, Présidente du Conseil du genre de la FIJ. Pour y parvenir, une ratification massive de la Convention n°190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail par les gouvernements du monde entier est essentielle”.

La convention de l’OIT interdit la violence à l’encontre des femmes au travail, y compris les abus en ligne, et fait de ce problème une question de santé et de sécurité. Lorsqu’un pays a ratifié le texte, les employeurs ont l’obligation de garantir un espace de travail sûr et de mettre à disposition des femmes journalistes un mécanisme de plainte et de protection en cas d’abus.

La FIJ regrette que seuls l’Uruguay, les îles Fidji et l’Argentine aient ratifié la convention jusqu’à présent. La fédération exhorte donc ses affiliés à se joindre au mouvement syndical pour obliger les gouvernements à prendre des mesures concrètes en vue de la ratification.

Par ailleurs, la fédération met en garde contre l’impact dévastateur du cyberharcèlement sur la liberté d’expression et le bien-être des femmes reporters ainsi que sur le pluralisme des médias.

Les abus en ligne peuvent prendre diverses formes: usurpation de compte, harcèlement obsessionnel (stalking), partage d’informations personnelles, diffusion non consentie de contenus intimes, discours de haine ou encore publication de commentaires misogynes sur les réseaux sociaux. Les femmes racisées ou LGBTQIA+* sont encore davantage prises pour cibles.

En outre, la fédération appelle les réseaux sociaux à prendre des mesures immédiates pour interdire les commentaires sexistes, racistes et insultants sur leur plateforme.

Nous craignons que le niveau de réponse des réseaux sociaux vis-à-vis des plaintes sur le cyberharcèlement des femmes journalistes soit insuffisant et que leurs procédures visant à mettre un terme aux attaques ciblées ne soient ni efficaces ni réellement appliquées”, affirme le Secrétaire général de la FIJ Anthony Bellanger.

Le Conseil du genre de la fédération a dressé une liste reprenant 8 mesures que les femmes journalistes et leurs collègues peuvent suivre pour changer la situation sur les réseaux sociaux. L’instance recommande également la mise en place d’outils de sécurité et de confidentialité assurant le blocage, le masquage ainsi que le filtrage de contenu. Le Conseil recommande de former les employés de ces plateformes afin qu’ils et elles puissent repérer au mieux les commentaires misogynes et insultants, et l’instauration de mesures de notification et de suppression efficaces.

Les femmes doivent pouvoir se manifester pour dénoncer des abus en ligne sans craindre de subir des représailles. Les réseaux sociaux doivent permettre et soutenir cela. Il est temps de faire clairement passer le message que le harcèlement en ligne ne fait pas partie de la profession”, affirme Maria Angeles Samperio.

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