Crise de l’euro : Craintes sur les transferts de la diaspora

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Tunisie Tribune (Crise de l’euro) –La crise de l’euro est susceptible d’aggraver indirectement les problèmes des finances publiques en Tunisie, qui souffrent d’un déficit budgétaire d’environ 10% du PIB en raison des pressions continues sur le coût de l’énergie et des matières de base.

Il semble, à ce titre, que la Tunisie subit l’impact indirect de la crise de l’euro, qui enregistre une baisse record face au dollar, la plus forte depuis 20 ans, compte tenu des répercussions de cette crise sur les transactions commerciales avec l’Union européenne, premier partenaire économique de la Tunisie particulièrement au niveau des exportations.

Plusieurs données indiquent que la baisse de la valeur de la monnaie unique européenne augmenterait les pressions inflationnistes importées, d’autant plus que le monde connait une pénurie sévère des matières premières due à la guerre russo-ukrainienne.

En revanche, on s’attend à une hausse du coût du remboursement des dettes en dollars, ainsi qu’à une augmentation du coût des importations d’énergie et des produits alimentaires qui sont payées en dollars.

Les pressions de la hausse de la valeur du dollar limitent la marge de manœuvre du gouvernement, qui n’a pas encore pu obtenir un accord avec le Fonds monétaire international pour accéder au marché financier mondial afin de mobiliser des ressources de pas moins de 4 milliards de dollars pour gérer les dépenses pour le reste de l’année.

Toutefois, la Tunisie pourra profiter de la hausse de la valeur du dollar par rapport à l’euro vu qu’un euro moins fort face au dinar tunisien est favorable aux échanges avec certains pays de l’union européenne ayant une balance commerciale équilibrée ou excédentaire avec la Tunisie.

Cependant, la baisse de l’euro affecterait la valeur des transferts de la diaspora largement concentrée en Europe mais l’augmentation de la valeur du dollar stimulera certainement les transferts de la diaspora tunisienne dans le Golfe Arabe et l’Amérique du Nord.

Selon les dernières données actualisées de la Banque centrale de Tunisie (BCT), les transferts de fonds des Tunisiens à l’étranger depuis le début de l’année jusqu’au 10 juillet courant, se sont élevés à environ 4034,1 millions de dinars, contre 3486,3 MD au cours de la même période de l’année 2021, ce qui représente une augmentation de 547,8 millions de dinars ou 15,71%, malgré les difficultés causées par la crise économique mondiale et les répercussions continues de la pandémie.

Les transferts de fonds des Tunisiens résidents à l’étranger, estimés à 7,5 milliards de dinars, jusqu’au 31 décembre 2021, représentaient la principale source de devises en Tunisie, ce qui a permis de continuer à gérer les importations de matières premières et à rembourser plus de 3 milliards de dollars de prêts étrangers et ont contribué à pallier le manque de devises habituellement généré par le tourisme et des investissements étrangers.

D’après une publication de la banque Mondiale le 11 mai dernier, les envois de fonds vers les pays en développement de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) ont augmenté de 7,6 % en 2021 pour atteindre 61 milliards de dollars, une progression qui s’explique par la croissance économique enregistrée dans les pays d’accueil de l’Union européenne, ainsi que par les migrations de transit, qui ont contribué à une hausse des envois vers des pays d’accueil temporaire comme l’Égypte, le Maroc et la Tunisie.

En 2022, on s’attend à un ralentissement de la croissance des remises migratoires vers la région, qui devrait s’établir à 6%. Pour les pays en développement de la région MENA, les envois de fonds des migrants constituent depuis longtemps la principale source de ressources extérieures (61% en 2021).

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