Tunisie Tribune (consommer plus d’alcool) – Face à la baisse des ventes de boissons alcoolisées et des rentrées fiscales qui les accompagnent, le gouvernement japonais a lancé une campagne inédite. Une initiative qui pose question en termes de santé publique.
C’est une initiative qui ferait sûrement des émules si elle avait été lancée en France. Au Japon, l’Agence nationale des impôts (NTA) a initié une campagne intitulée « Saké Viva ! ». Son but : relancer la consommation d’alcool dans le pays et au passage booster des recettes fiscales en berne. Plus surprenant encore, elle vise tout particulièrement les jeunes japonais.
Jusqu’à début septembre, les personnes âgées de 20 à 39 ans sont invitées à proposer « de nouveaux produits et designs » destinés à promouvoir la consommation d’alcool, de préférence à domicile. Les gagnants du concours verront leurs propositions commercialisées et seront invités à un gala en novembre à Tokyo.
La pandémie a changé les habitudes
Ces dernières années, les habitants de l’archipel ont peu à peu délaissé les boissons alcoolisées. Selon les chiffres de la NTA, un Japonais buvait en moyenne 75 litres d’alcool par an en 2018, soit une baisse de 25% par rapport à 1995. A titre de comparaison, un Français boit en moyenne 80 litres d’alcool chaque année. Au Japon, ce sont les ventes de bières – qui représentent un tiers du revenu des impôts provenant de l’alcool – qui pâtissent le plus du phénomène : elles ont chuté de 20% entre 2019 et 2020.
Comment expliquer ce désintérêt grandissant ? D’abord par une évolution des modes de vie et une prise de conscience des méfaits de l’alcool. Mais aussi par les changements démographiques que traverse le pays. « La baisse du taux de natalité et le vieillissement de la population » sont en partie responsables de la contraction du marché national des boissons alcoolisées, peut-on lire sur le site web consacré à la campagne « Saké Viva ! ».
Or, au Japon, près d’1 habitant sur 10 a plus de 65 ans, la proportion la plus élevée au monde. Et les jeunes semblent eux aussi délaisser l’alcool : 7,8% des Japonais dans leur vingtaine déclarent en boire trois jours ou plus par semaine, contre 30% des 40-60 ans, d’après le ministère nippon de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie.
Une tendance amplifiée par la pandémie de Covid-19. Non seulement les ventes ont été plombées par les fermetures de bars et restaurants pendant cette période, mais le développement du télétravail a aussi poussé les Japonais à revoir leurs habitudes de consommation. « De nombreuses personnes en sont peut-être venues à se demander si elles doivent continuer à boire avec des collègues pour approfondir la communication », avance ainsi un responsable de la NTA dans le Japan Times.



























































