Fitch Ratings : La Tunisie maintient son « B- » et s’éloigne de la zone de surveillance négative

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Tunisie-Tribune (Fitch Ratings) – L’agence de notation internationale Fitch Ratings vient de confirmer la note souveraine de la Tunisie à « B- ». Plus significatif encore que le maintien de la note elle-même, l’agence a officiellement retiré le pays de sa liste de surveillance négative (Rating Watch Negative – RWN), stabilisant désormais les perspectives à « Stables ».

Cette décision marque une étape importante dans la perception du risque de crédit tunisien sur les marchés internationaux.

Pourquoi ce retrait de la liste de surveillance ?

Le placement sous surveillance négative traduisait, il y a quelques mois, une vive inquiétude quant à la capacité de la Tunisie à honorer ses échéances de dette extérieure. Le retrait de cette liste repose sur plusieurs piliers :

  • Résilience des réserves de change : Malgré un contexte mondial tendu, la Tunisie a réussi à maintenir un niveau de réserves de devises relativement stable, soutenu par la performance du secteur touristique et la solidité des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE).
  • Maîtrise du déficit courant : Une réduction notable du déficit de la balance courante a été observée, limitant ainsi les besoins immédiats de financement extérieur.
  • Capacité de remboursement démontrée : Le pays a continué de payer ses dettes à échéance, honorant ses engagements sans défaut, ce qui a partiellement rassuré les analystes sur la volonté politique de préserver la signature souveraine.

Les défis persistants : Une vigilance de mise

Si le retrait de la liste de surveillance est une bouffée d’oxygène, la note « B- » rappelle que l’économie tunisienne reste en territoire spéculatif. Fitch souligne plusieurs points de vigilance :

  1. Besoins de financement élevés : Les besoins de financement budgétaire restent massifs pour 2024 et 2025.
  2. Accès limité aux marchés internationaux : En l’absence d’un accord définitif avec le FMI, l’accès aux financements extérieurs traditionnels demeure restreint, poussant l’État à solliciter davantage le marché intérieur.
  3. Poids de la masse salariale et des subventions : Ces charges continuent de peser lourdement sur les finances publiques, limitant les marges de manœuvre pour l’investissement public.

Quel impact pour l’économie tunisienne ?

Cette stabilisation de la perspective devrait, à court terme, calmer les anticipations de défaut de paiement. Pour les investisseurs et les partenaires bilatéraux, cela signale une forme de résilience technique de l’économie tunisienne.

Toutefois, pour espérer une montée en grade (vers la catégorie « BB »), Fitch et les autres agences comme Moody’s attendront des réformes structurelles plus profondes et une visibilité accrue sur le financement à long terme de la dette.