Tunisie-Tribune (pain unifié) – Marouan Zayen, membre du Conseil national des régions et des districts, vient de soumettre une proposition de loi ambitieuse. Son objectif : instaurer un « pain unifié » et créer un Fonds de souveraineté alimentaire. Cette initiative vise à rationaliser les dépenses publiques, éradiquer le gaspillage massif et réorienter les aides d’État vers les citoyens les plus précaires et le secteur agricole.
Un référendum pour trancher la question du pain
Au centre de ce projet figure une démarche démocratique inédite : l’organisation d’un référendum populaire, qui se tiendrait parallèlement aux prochaines élections municipales. Les Tunisiens seraient appelés à se prononcer sur la fin de la dualité actuelle (gros pain et baguette) au profit d’un produit national unique.
Les caractéristiques du « pain unifié » :
Poids : Standardisé à 300 grammes.
Composition : Farine à taux d’extraction de 80% (plus riche en fibres et en son que la farine blanche actuelle).
Prix : Fixé à 250 millimes l’unité.
Le coût exorbitant d’un système à la dérive
Pour Marouan Zayen, le système de subvention actuel, dont le coût annuel avoisine 900 millions de dinars, a perdu sa vocation sociale. Il pointe du doigt plusieurs dérives majeures :
La spéculation : Enrichissement des intermédiaires au détriment du consommateur.
Le détournement : Utilisation massive du pain subventionné comme aliment pour le bétail.
Le gaspillage : Environ 900 000 pains sont jetés chaque jour en Tunisie, soit 320 millions par an. Cela représente une perte sèche de 100 millions de dinars pour les caisses de l’État.
Déséquilibre financier et économie informelle
Le député souligne également la précarité des boulangeries professionnelles. Alors que le coût de production d’une baguette dépasse désormais 430 millimes, le prix de vente imposé de 190 millimes fragilise leur rentabilité, poussant certains acteurs à réduire le poids ou la qualité du produit pour survivre.
Par ailleurs, la problématique du manque de petite monnaie (les pièces de 10 millimes) crée une distorsion économique. La vente systématique à 200 millimes au lieu de 190 génère des revenus non déclarés estimés à 10,8 milliards de millimes par an, une somme qui échappe totalement au contrôle de l’État.
Le Fonds de souveraineté alimentaire : Réinvestir pour l’avenir
L’originalité de la proposition réside dans l’affectation des économies réalisées. Loin de vouloir simplement combler le déficit budgétaire, les fonds seraient injectés dans un Fonds de souveraineté alimentaire destiné à :
Soutenir l’agriculture : Financement de silos de stockage modernes et aide directe aux agriculteurs.
Moderniser les boulangeries : Crédits préférentiels pour l’installation de panneaux solaires et le renouvellement du matériel.
Protéger les vulnérables : Financement de la « Carte du citoyen », une carte d’approvisionnement intelligente permettant aux familles nécessiteuses d’accéder aux produits de base à prix réduits.
Innover via l’économie circulaire : Soutien aux projets de jeunes ruraux pour transformer les restes de pain en aliments pour bétail à haute valeur protéique, visant ainsi à faire baisser par ricochet les prix de la viande et du lait.
























































