Par Sana Barrek-
Tunisie-Tribune (Vérification des faits) – A l’occasion de la Journée mondiale de la vérification des faits, célébrée le 2 avril, l’événement « دقق بالعربي » a été lancé comme une initiative régionale couvrant sept pays arabes, dont la Tunisie. Cette manifestation vise à promouvoir la culture de la vérification et de l’enquête auprès des journalistes, des étudiants et des citoyens intéressés par les affaires publiques, dans un contexte marqué par la prolifération des fausses informations.
Organisée en partenariat avec « ARIJ » et le Réseau arabe des vérificateurs d’informations, cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale de lutte contre la désinformation, tout en renforçant le rôle du fact-checking comme pilier essentiel d’un journalisme crédible et responsable.
Le fact-checking : un rôle central dans l’écosystème médiatique
A l’ère numérique, le rôle du journaliste ne se limite plus à relayer l’information. Il implique désormais un travail rigoureux de vérification et de contextualisation. Rabab Aloui, directrice de la plateforme « BN Check » et l’une des organisatrices de la journée, souligne que la vérification est un processus continu :
« Nous vérifions les informations avant leur publication, mais aussi après. Aucune information n’est totalement exempte d’erreurs, d’où l’importance d’un suivi permanent. »
Elle insiste également sur l’élargissement du champ d’action des vérificateurs, qui ne se limitent plus à la presse traditionnelle. Aujourd’hui, ils interviennent aussi sur les réseaux sociaux, les médias en ligne, ainsi que dans l’analyse des discours politiques et économiques. Par ailleurs, leur mission intègre une dimension pédagogique à travers des ateliers de sensibilisation aux risques liés à la désinformation et aux contenus manipulés.

Des initiatives pédagogiques et des innovations technologiques
L’événement « دقق بالعربي » a été marqué par l’organisation d’ateliers interactifs et de compétitions destinées aux étudiants, comme l’a indiqué Arwa Khelfi, enseignante à l’Institut de presse et des sciences de l’information. Ces activités ont permis aux participants de s’initier concrètement aux techniques de vérification, à travers des exercices pratiques, des productions médiatiques et des échanges avec des professionnels.
Des certificats et des récompenses ont été remis afin de valoriser les compétences acquises, avec, à la clé, des opportunités de participation à la conférence internationale d’ARIJ prévue en décembre 2026.
Sur le plan technologique, une innovation notable a été présentée par le journaliste et chercheur Anis Ben Abdessalem : un agent conversationnel intelligent intégré à WhatsApp. Cet outil permet de vérifier instantanément des contenus (textes ou images) en analysant la fiabilité des sources et en détectant les informations trompeuses. Accessible et facile à utiliser, il constitue un appui précieux pour les professionnels des médias comme pour le grand public.

Sensibiliser et former pour mieux lutter contre la désinformation
Au-delà de l’événement lui-même, « دقق بالعربي » s’inscrit dans une démarche durable visant à ancrer la culture de la vérification comme un réflexe quotidien. L’objectif est de former les étudiants et les jeunes aux outils modernes de fact-checking, tout en développant leur esprit critique face aux contenus numériques.
Cette initiative contribue également à renforcer la coopération entre les acteurs régionaux, notamment avec « ARIJ », et à accompagner l’émergence d’une nouvelle génération de journalistes mieux outillés face aux défis du numérique.
Dans un environnement médiatique saturé d’informations, la vérification des faits apparaît aujourd’hui comme une responsabilité collective. Journalistes, étudiants et citoyens sont tous appelés à jouer un rôle actif pour préserver la qualité de l’information et protéger l’espace public des dérives de la désinformation.
























































