Tunisie-Tribune (Passerelles Savoirs-Médias) – Lors de la journée « Passerelles Savoirs-Médias », Karim Ben Amor, modérateur et expert média, a présenté les résultats saisissants d’une étude sur la visibilité de la presse. Son constat est un électrochoc : si l’économie est devenue la 3ème rubrique favorite des Tunisiens, le fossé entre le jargon des experts et les attentes du public n’a jamais été aussi profond.
L’économie sur le podium : Un intérêt historique
L’étude révélée par Karim Ben Amor montre un basculement majeur dans les habitudes de consommation. L’information économique et sociale se hisse désormais à la 3ème place des rubriques préférées, juste après le sport et la santé.
« Ce n’est plus la politique, ni la culture… c’est l’économie qui est arrivée à cette position. C’est un indicateur de premier plan », souligne-t-il.
Pourtant, malgré cet appétit, 70 % des Tunisiens se déclarent insatisfaits du contenu proposé.
Le « Mur » du Jargon : Pourquoi 64 % des Tunisiens ne comprennent pas
Le diagnostic de Karim Ben Amor est cinglant : le traitement de l’information est jugé trop complexe et déconnecté de la réalité.
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Incompréhension : 64 % des sondés jugent le traitement « peu clair et difficile à comprendre » à cause de l’usage excessif de termes académiques (économétrie, statistiques complexes)
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Déconnexion : 87 % estiment que les thèmes abordés n’ont « rien à voir avec leur vie quotidienne ».
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Le danger des influenceurs : Faute de contenus clairs dans les médias traditionnels, 15 % des citoyens se tournent vers des influenceurs sur les réseaux sociaux, dont la rigueur et les fondamentaux ne sont pas toujours garantis.
La rupture avec la « Gen Z » : Le défi des 18-24 ans
L’étude pointe une fracture générationnelle alarmante. Si 76 % des Tunisiens suivent encore l’économie via les médias traditionnels, 34 % des 18-24 ans les ignorent totalement. Pour cette génération, l’information passe par les réseaux sociaux (61 % des usages globaux), mais elle reste largement insensibilisée aux enjeux économiques profond.
Les leviers du changement : Vulgariser sans trahir
Pour briser ce « mur », Karim Ben Amor appelle à une remise en question profonde des deux côtés de la passerelle :
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Pour les journalistes : Sortir du « journalisme de compte-rendu » passif pour apporter une réelle valeur ajoutée et une analyse de terrain.
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Pour les chercheurs : Sortir de la sphère académique pour produire des « abstracts populaires » — des résumés clairs et simples qui mettent en valeur l’utilité de leurs recherches.
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La langue : Avec 96,5 % des Tunisiens privilégiant les contenus en arabe, le défi de la langue (arabe littéraire vs dialectal) est au cœur de la réussite de cette vulgarisation.
« Il faut parler d’une manière vulgarisée, mais pas vulgaire », conclut-il, rappelant que l’enjeu de ce partenariat entre la FTDJ, Expertise France et SavoirsÉco est précisément de reconnecter les Tunisiens avec les réalités qui impactent leur quotidien.
Karim Ben Amor en Vidéo
Retrouvez ci-après, l’analyse complète de Karim Ben Amor en vidéo :
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