Aviculture: Le GIPAC recense les pertes pour ajuster la production face aux perturbations de l’approvisionnement

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Tunisie-Tribune (Aviculture) – Le délai fixé par le Groupement interprofessionnel des produits avicoles et cunicoles (GIPAC) aux éleveurs de volailles pour dresser le bilan des pertes enregistrées dans le secteur à cause de la vague de chaleur exceptionnelle et des coupures d’électricité qu’a connues la Tunisie en juillet et août 2026, arrive à échéance demain lundi.

Ces perturbations ont entraîné la mortalité de cheptels avicoles et par conséquent une baisse de la production et de l’approvisionnement du marché en viandes blanches.
Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, autorité de tutelle pour le GIPAC, devrait s’appuyer sur ces bilans pour élaborer un programme d’ajustement de la production.

Dans un communiqué, le GIPAC avait appelé tous les éleveurs de volailles, de poules reproductrices, de poulets de chair, de dindes et de poules pondeuses, à lui communiquer le volume des pertes enregistrées dans le secteur, notamment celles dues à la vague de chaleur ou aux coupures d’électricité.

Le Groupement a demandé aux éleveurs de poules pondeuses de fournir le taux de mortalité, soit la proportion de volailles mortes par rapport à l’effectif du cheptel, ainsi que le taux de baisse de la production.

Les éleveurs de poulets de chair et de dindes sont, quant à eux, appelés à envoyer le taux de mortalité et les données relatives au retard de croissance.
Pour les éleveurs de poules reproductrices, le GIPAC a demandé de lui adresser les données relatives au taux de mortalité, à la  baisse de rendement et aux effets constatés sur la fertilité.

Le Groupement a précisé que l’objectif de la collecte de ces données est de procéder à une intervention urgente et efficace pour redresser le secteur.

Vers l’importation de lots d’œufs à couver pour ajuster la production

De son côté, le ministère de l’Agriculture avait annoncé, le 3 septembre, que des mesures seront prises  pour ajuster la production dans le secteur avicole, sur la base des résultats du recensement et de l’évaluation des pertes.

Saloua Dhaouadi, sous-directrice de la production de viandes à la Direction générale de la production agricole au ministère de l’Agriculture, a déclaré, le 4 septembre, au journal télévisé de la Télévision nationale que le ministère comptait, dans un premier temps, importer des lots d’œufs à couver afin d’assurer « l’ajustement de la production » pour les mois de novembre et décembre.

Elle a laissé entendre que le marché connaîtra une certaine pression au niveau de l’approvisionnement en viandes blanches durant le mois de septembre, qui coïncide avec la reprise du système de travail en double séance ainsi qu’avec la rentrée scolaire et universitaire.

La responsable a assuré, toutefois, qu’un retour à un rythme normal d’approvisionnement aura lieu en octobre prochain.

Les pertes ont particulièrement touché les petits et moyens éleveurs

Dhaouadi a indiqué que les coupures d’électricité « prolongées et répétées » survenues durant les vagues de chaleur, notamment dans des régions à « forte densité de production » telles que les gouvernorats de Nabeul et de Zaghouan, avaient particulièrement affecté les petits et moyens élevages ne disposant pas de groupes électrogènes leur permettant de maintenir en fonctionnement les systèmes de refroidissement et de ventilation pendant les coupures.
Cette situation a entraîné, dans certaines de ces unités, une mortalité de 100 % du cheptel, selon elle.

Absence de statistiques officielles actualisées sur la production et la consommation

Le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, Ibrahim Nefzaoui, a déclaré à la radio nationale, le 2 septembre, que la Chambre s’attendait à une baisse de la production de viandes blanches en Tunisie à 11.000 tonnes durant le mois en cours, contre 16.000 tonnes prévues avant la vague de chaleur.

Les marchés connaissent depuis plusieurs jours « des perturbations » dans l’approvisionnement en viandes de volailles ainsi qu’une hausse de leurs prix, selon le journal télévisé de la Télévision nationale.

A l’heure actuelle, il n’existe pas de statistiques officielles actualisées et précises sur le volume de la production et de la consommation quotidiennes ou mensuelles de viandes blanches en Tunisie, ni sur le nombre d’élevages et d’éleveurs.
En 2025, la production nationale quotidienne s’élevait à 500 tonnes, contre une consommation quotidienne comprise entre 350 et 400 tonnes, selon les estimations de la Chambre nationale des commerçants de volailles.

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