- « Pourquoi était-elle sortie tard ? », « Pourquoi portait-elle cette tenue ? », « Pourquoi a-t-elle envoyé cette photo ? »
- Face à ces questions récurrentes qui détournent le regard du véritable coupable vers la victime,
- la Tunisie donne le ton cette année avec un mot d’ordre sans équivoque :
- « مفماش علاش » (Il n’y a pas de raison).
Tunisie-Tribune (Campagne des 16 Jours d’activisme 2026) – Dans le cadre de la mobilisation internationale des 16 Jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (du 25 novembre au 10 décembre 2026), ONU Femmes et le Système des Nations Unies en Tunisie, en partenariat avec les institutions nationales et la société civile, dévoilent une campagne percutante axée sur la déconstruction de la culpabilisation des victimes (victim-blaming).
Du « علاش ؟ » au « مفماش علاش » : renverser la perspective
Trop souvent, qu’il s’agisse d’agressions physiques, de harcèlement dans l’espace public ou de violences numériques, la société a le réflexe pernicieux d’interroger le comportement de la femme plutôt que les actes de l’agresseur. Ce mécanisme amplifie la honte, plonge les survivantes dans le silence et freine leur démarche vers la justice et la prise en charge.
La campagne 2026 s’articule en deux temps forts :
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La phase teaser « علاش ؟ » (Pourquoi ?) : Une interpellation frontale des préjugés et réflexes sociaux qui banalisent les violences.
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La révélation « مفماش علاش » (Il n’y a pas de raison) : Une réponse claire qui rappelle un principe fondamental : aucune tenue, aucun horaire, aucun choix de vie et aucun contenu numérique ne justifie une agression. L’unique responsable est et restera toujours l’auteur des violences.
Les cinq piliers d’une mobilisation collective
Dans la continuité des efforts menés pour contrer les violences facilitées par les technologies (TFGBV) et celles vécues au quotidien, l’initiative repose sur cinq axes majeurs :
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Axe 1 – « علاش السؤال ؟ » (Pourquoi est-ce elle que l’on interroge ?) : Dénoncer les jugements moraux et réaffirmer qu’aucune femme n’a à prouver sa « bonne conduite » pour mériter sécurité, écoute et justice.
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Axe 2 – « موش مجرد كومنتار » (Ce n’est pas juste un commentaire) : Sensibiliser aux ravages des cyberviolences, du lynchage en ligne et du partage malveillant de contenus intimes, qui transforment la détresse en spectacle public.
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Axe 3 – « ما تلومهاش، ساندها » (Ne l’accuse pas, soutiens-la) : Remplacer le jugement par la solidarité, l’écoute bienveillante, le respect du rythme de la victime et la confidentialité.
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Axe 4 – « شنوا المفروض تعمل ؟ » (Où trouver de l’aide ?) : Informer et orienter vers les structures d’accueil, l’assistance médicale et psychologique, ainsi que les mécanismes de la Loi organique n° 2017-58 relative à l’élimination des violences faites aux femmes.
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Axe 5 – « شكون ينجم يبدل؟ الإجابة : كل شخص فينا » (Qui peut agir ? Chacun d’entre nous) : Rappeler que refuser de relayer une humiliation, intervenir comme témoin responsable et promouvoir le respect en ligne constituent le socle du changement des mentalités.
Un engagement pour toutes les femmes en Tunisie
En ciblant la jeunesse, les communautés, les médias et les créateurs de contenu, cette édition 2026 insiste sur la protection inclusive de toutes les femmes et filles, y compris les plus vulnérables ou isolées géographiquement.
Mettre fin aux violences de genre exige une rupture nette avec les discours complaisants : la honte doit impérativement changer de camp.
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