Tunis, un jour de pluie !

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« Une offrande du ciel », dirait le commun des Tunisiens. La Tunisie est arrosée, depuis hier, par des « pluies bénéfiques » qui, du temps de Ben Ali, une certaine presse aurait annoncé que c’est grâce à la baraka de « l’artisan du changement » !

Comme d’hab., toutes les rues et ruelles de la capitale sont complètement inondées ou parsemées d’énormes flaques d’eau de couleur trouble, mélangées à toutes sortes d’ordures ménagères, détritus, papier, sachets en plastic, etc… l’ensemble submergeant chaussées et trottoirs.

Les bouches des égouts, vomissant leurs entrailles, dégagent des relents de parfums, bien loin de ceux qui avaient inspiré notre chanteur national, feu, Mohamed Jamoussi, dans son tube « odeur du pays, rose et Jasmin »

Les vendeurs de parapluies « made in China » sont au rendez-vous pour étaler au dessus des flaques, leurs camelotes en criant à tue-tête : « …5 dinars le para, 5 dinars le parapluie « .

Pour réussir à traverser le centre ville de Tunis, il faut avoir pratiqué la course de haies (à haut niveau), afin de faire attention aux irrégularités de la chaussée et du trottoir (souvent envahi par les marchands ambulants) tout en évitant les voitures qui cherchent à vous doucher et vous purifier par l’eau du Gange.

Les SDF et autres mendiants, tout âge confondu, sont tous sortis de leurs trous pour demander l’aumône car, mouillés jusqu’aux os, ils pouvent ainsi valoriser leur désespoir et faire (encore plus) pitié.
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Mais attention au milieu de tout ce beau monde, il y a des « yeux qui ne dorment pas » et qui veillent au grain, pour vous dépouiller et accentuer votre embarras par ce mauvais temps. Ce sont les yeux de fouine des représentants de notre chère police municipale. Eh, oui, les fameuses grues (ou « chenguel ») qui continuent à tourner sans répits en virevoltant telles des abeilles en mal de nourriture, guettant toute voiture mal stationnée.

Enfin, le clou de ce spectacle non original et affligeant, c’est l’accrochage de deux voitures en plein embouteillage, dont les conducteurs qui, au lieu d’échanger leurs coordonnées et numéros de police d’assurance, optent pour l’échange de coups de poing. God bless Tunisia.

Tribune libre de Nourhène Ben Mansour

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