La France et l’ascension éclair de l’autre Franco-Marocaine Myriam El Khomri, nouvelle ministre du travail

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La France (politique) – En nommant Myriam El Khomri benjamine du gouvernement à 37 ans, au ministère du Travail, en remplacement du démissionnaire François Rebsamen, le président de la République François Hollande et le premier ministre Manuel Valls, créent la surprise, ce mercredi 2 septembre 2015, avec la promotion éclair de celle qui était jusque-là secrétaire d’État chargée de la politique de la ville. Auparavant, elle s’était fait connaître à la mairie de Paris, où elle était chargée des questions de sécurité.

Myriam El Khomri (appelée communément Madame Poneys) est née à Rabat en 1978, est issue d’un mariage mixte entre une mère bretonne et un père marocain qui a passé son enfance à Tanger dont elle garde un souvenir émerveillé, il s’agit d’une formidable ascension dans la hiérarchie gouvernementale. « Je mesure la responsabilité qui est la mienne. Comptez sur la combativité et ma détermination au service des Français », a-t-elle déclaré sur son compte Twitter peu de temps après sa nomination.

Entrée dans l’équipe de Manuel Valls lors du dernier remaniement, elle avait séduit rapidement l’exécutif par son travail et sa présence sur le terrain. Elle faisait partie ces derniers mois des jeunes membres du gouvernement régulièrement cités en exemple.

Une lourde mission

La nouvelle ministre a la lourde tâche de réaliser la promesse présidentielle d’inversion de la courbe du chômage, sur laquelle est indexée une éventuelle nouvelle candidature en 2017. Alors que les mauvais chiffres s’empilent mois après mois, elle aura pour mission de mettre en application les conclusions du rapport Combrexelle, sur une évolution du droit du travail, qui devrait être remis au premier ministre à la fin de septembre.

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10 choses à savoir sur Myriam El Khomri, nouvelle ministre du Travail

Jusque-là secrétaire d’État à la Politique de la ville, elle prend la suite de François Rebsamen au ministère du Travail. 10 choses à savoir sur Myriam El Khomri. Secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville depuis août 2014, Myriam El Khomri sera désormais ministre du Travail… Voici 10 choses à savoir sur la nouvelle ministre.

1 Nouvelle star

Après les attentats de janvier, tout le monde la réclamait. La secrétaire d’État à la Politique de la ville était partout… derrière les mots de Manuel Valls sur les banlieues, ces territoires d’ »apartheid », de « ghettoïsation », où il faut mettre en place une « politique de peuplement ».
Celle qui jusque-là refusait soigneusement les invitations des médias s’est retrouvée projetée sous leurs feux. Au point d’éclipser Patrick Kanner, son ministre de tutelle à la Ville, à la Jeunesse et aux Sports.

2 Hidalgo

Myriam El Khomri est restée très liée à Anne Hidalgo, dont elle a été la petite lieutenante pendant deux ans. « J’ai tout appris d’elle », dit celle qui, enceinte, battait le pavé à ses côtés pendant les municipales.

Le gouvernement loue cette fille toute simple, née il y a trente-sept ans à Rabat, au Maroc, d’un père marocain et d’une mère bretonne mutée à Tanger pour enseigner l’anglais. Myriam a 9 ans quand la famille revient en France. Après un passage dans les Deux-Sèvres, les El Khomri s’installent à Mérignac, près de Bordeaux, où son père ouvre un magasin de photocopies.

Chez nous, la valeur du travail était sacrée. Quand je ramenais un 14, ce n’était pas assez : mes parents m’engueulaient. »

4 Fraîche

Le jour de sa nomination à la Politique de la ville, elle était au BHV, pour acheter des chaussures en promotion.
Quand Manuel Valls m’a passé le président, j’ai eu très peur. Je ne m’y attendais pas du tout. »
Même si elle admet qu’elle n’a pas eu « un week-end pour [elle] depuis cinq mois », cette mère de famille s’est ensuite efforcée de garder une « vie normale ». Après les attentats, son garde du corps la suivait partout. « Mes filles disent qu’il est une fée qui me protège.« 

5 Populaire

A la mairie du 18e aux côtés d’Annick Lepetit et de Daniel Vaillant, puis à la mairie de Paris, cette « vraie humaniste », comme on la décrit, a mis les mains dans le cambouis, passé des heures sur le terrain et s’est plongée dans les dossiers les plus ingrats. « Je me suis occupée des toxicos, des enfants de l’ASE, des mineurs isolés étrangers, des pauvres, des délinquants. Je connais le mécanisme de la misère de tous les fracassés de la vie », dit-elle aujourd’hui.

6 Pragmatique

En bonne technocrate, elle aime les chiffres et les rouages administratifs : « J’ai fait un bac S, puis un DESS de droit public. Je suis quelqu’un de carré et de logique. Pour moi, il n’y a pas de discours, il n’y a que des solutions. »

7 Madame Poneys, pourquoi ?

Lorsqu’elle était élue dans le 18e arrondissement à Paris, l’une de ses mesures a marqué les habitants du quartier Binet, porte de Saint-Ouen. « Pour déplacer les vendeurs à la sauvette qui squattaient le mail Binet, elle a eu l’idée de faire venir des poneys. Les enfants étaient ravis, et les vendeurs sont partis plus loin », se souvient la chef de projet du centre d’animation. Le surnom de « Madame Poneys » lui est resté.

8 Transparente

Elle prétend être d’une génération « qui n’a aucun problème avec la transparence ». Celle qui remboursait jusqu’à l’année dernière son prêt étudiant n’est propriétaire d’aucun bien immobilier et loue un appartement de 60 mètres carrés porte de Saint-Ouen. Sans ciller, elle évoque son salaire, 7.900 euros bruts, qui lui permet de voir venir, en attendant que son mari reprenne une activité – il a cédé son entreprise d’informatique pour 90.000 euros il y a plusieurs mois.

9 Française

Sa grand-mère bretonne égrenait son rosaire en parlant. Son grand-père marocain avait appris le français à l’Office du blé et lisait « le Canard enchaîné ». « Malgré les différences culturelles, j’ai toujours senti beaucoup de tolérance des deux côtés », raconte celle qui s’étonne encore d’être ramenée à ses origines marocaines. Sur Europe 1, la journaliste Catherine Nay lui a dit qu’elle avait « fondé un couple mixte ». Myriam a répliqué, du tac au tac : « En effet, je suis à moitié bretonne, et mon mari est médocain. »

10 Ambitieuse

Se voyait-elle succéder à Patrick Kanner ? Revenir à la mairie de Paris par la grande porte ? « Je n’ai jamais rêvé de ce type de poste », coupait alors Myriam. A l’entendre, tout serait arrivé un peu par hasard, après un stage à la mairie du 18e à la fin de son droit…

« Mais c’est vrai qu’à l’école j’étais toujours choisie pour être déléguée de classe, j’ai même été élue conseiller général des jeunes de Gironde. »
Myriam El Khomri rassemble, c’est sa nature.

Sources : Le Monde, Figaro (H24) et L’Obs Politique

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