Scandale Volkswagen : Raisons et conséquences de ces déboires, Matthias Müller probable futur patron Volkswagen

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  • Scandale Volkswagen : L’agence EPA a bien précisé dans son communiqué que cette tricherie n’avait aucun effet sur la sûreté des voitures concernées.

  • Plus de 11 millions de véhicules dans le monde sont équipés du fameux logiciel de trucage

  • Les modèles « Polo » ne serait pas concernés par la tricherie

Martin Winterkorn, l’actuel PDG de Volkswagen, est démissionnaire (ou démis de ses fonctions) après le scandale des moteurs diesel truqués. Volkswagen aura en cet après-midi du vendredi 25 septembre 2015, un nouveau patron. Il s’agirait très probablement de Matthias Müller, actuel chef de la marque de luxe Porsche, et ce, selon plusieurs organes de presse allemands sur la foi de personnes proches du conseil qui connait bien le groupe allemand.

Michael Horn : Notre entreprise a été malhonnête

Le PDG de Volkswagen America, Michael Horn, ne s’est pas embarrassé de périphrases en s’excusant pour le scandale des contrôles antipollution falsifiés, admettant dans un langage inhabituel que le géant Michael Hornallemand de l’automobile avait «complètement merdé». «Notre entreprise a été malhonnête, avec l’EPA (Agence américaine de protection de l’environnement, ndlr) et avec le CARB (son homologue californienne, ndlr), ainsi qu’avec vous tous, et avec mes mots en allemand on dirait qu’on a «totalement merdé»», a admis M. Horn lors d’un événement promotionnel à New York tard lundi soir,

Pourquoi Volkswagen est-il accusé de « tricherie » ?

Ce qui est reproché au constructeur. Le constructeur allemand aurait équipé ses modèles diesel d’un logiciel capable de tromper les tests de mesure anti-pollution des autorités. C’est-à-dire de leur faire croire qu’un modèle était moins polluant que ce qu’il n’était en réalité. Cela constitue une violation du Clean Air Act, la loi sur l’air propre, en vigueur aux États-Unis. «Utiliser un appareil pour échapper aux règles visant à garantir un air propre est illégal et constitue une menace pour la santé publique», a tonné Cynthia Giles, une des responsables de l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA), citée dans le communiqué de l’agence, parlant d’actes «très graves».

Un logiciel étudié pour la triche. Le logiciel déclenche un mécanisme interne de limitation des gaz polluants permettant au véhicule de passer le test sans encombre et de se voir décerner un certificat de bonne conduite écologique. Une fois le test fini, le mécanisme anti-pollution se désactive et le véhicule libère alors davantage de gaz polluants, et notamment du dioxyde d’azote ou Nox, lié à de graves maladies respiratoires dont l’asthme.

Pas d’impact sur la sécurité. L’agence EPA a bien précisé dans son communiqué que cette tricherie n’avait aucun effet sur la sûreté des voitures concernées.

Les véhicules concernés. Cinq modèles appartenant à Volkswagen sont dans le collimateur des autorités. L’EPA a ainsi incriminé les Golf, Jetta, Passat, Beetle et Audi A3 fabriqués entre 2009 et 2015 (2014-2015 pour la Passat), pour un total de 480.000 véhicules touchés aux États-Unis. Mardi, coup de tonnerre: le constructeur annonce que plus de 11 millions de véhicules dans le monde sont équipés du fameux logiciel de trucage.

Qui sont ceux par qui le scandale est arrivé? Une ONG et une université ont fait tomber Volkswagen

L’université de Virginie-Occidentale. Le professeur Gregory J. Thompson, qui anime le Centre pour les émissions, les moteurs et les carburants alternatifs, dans cette université, a effectué une série de tests pour mesurer les polluants émis par les moteurs de certaines voitures, dont deux Volkswagen, en conditions d’utilisation réelle. Début 2014, les résultats tombent: la différence entre les données publiées par le constructeur et les mesures effectuées sont énormes.

L’International Council of Clean Transportation (ICCT). C’est à la requête de cette ONG opérant dans les transports écologiques que les tests ont été conduits. Elle convainc l’EPA de lancer une enquête… qui conduira les autorités à découvrir le fameux logiciel de trucage.

Que risque Volkswagen ?

Une vague de rappels sans précédent. Aux États-Unis, le constructeur a été prié par les autorités américaines de rappeler tous les véhicules vendus sur le sol américain concernés. Ce qui devrait lui coûter très cher, d’une part financièrement mais aussi en termes d’image. Volkswagen va devenir «un paria pour le gouvernement et peut-être aussi pour les consommateurs américains», juge ainsi Max Warburton, analyste de Bernstein.

Une amende colossale… Celle de Volkswagen pourrait bien pulvériser tous les records

Au titre de la violation du Clean Air Act, le constructeur risque aux États-Unis une amende de 37.500 dollars par véhicule, soit une facture de totale de 18 milliards de dollars pour les véhicules concernés outre-Atlantique.

… mais peu surprenante. L’industrie automobile se retrouve régulièrement dans le collimateur de la justice américaine et sont sévèrement sanctionnés pour leurs irrégularités.

En mars 2014, Toyota, accusé de dissimuler un dysfonctionnement de la pédale d’accélérateur de certains de ses modèles, qui avait provoqué cinq accidents mortels aux États-Unis, avait écopé d’une amende d’1,2 milliard de dollars, un record.

La justice américaine se montre intraitable avec les cachottiers et les pénalités augmentent en flèche depuis quelques années. Banques et laboratoires se disputent jusqu’à maintenant les plus grosses amendes pour tromperie mais Volkswagen pourrait bien pulvériser tous les records.

Un impact financier déjà conséquent. Le groupe a d’ores et déjà annoncé qu’il passerait une provision de 6,5 milliards d’euros pour faire face au scandale. Mais celui-ci est encore loin d’avoir connu son épilogue et les pertes pourraient s’avérer bien plus importantes pour Volkswagen.

Au premier semestre, l’Allemand avait ravi la place de leader mondial à Toyota, qui l’occupait depuis 2012. Bien que le groupe écrase la concurrence en Europe, sa situation est loin d’être suffisamment stable pour lui éviter de vaciller sous le poids du scandale. Le ralentissement de l’économie chinoise, un marché-clé pour le constructeur, fait planer des craintes sur ses prochains résultats.

Un renouvellement de direction. La direction du groupe se remet à peine d’une «césure historique» entre le président du conseil de surveillance et le patron opérationnel du groupe, Martin Winterkorn. Mais l’Allemagne, où se situe le siège du groupe, met d’ores et déjà la pression sur la direction et nombreux sont ceux à demander la démission de Martin Winterkorn.

Le Vieux continent exposé. Selon l’ONG qui a contribué à révéler le scandale, l’International Council on Clean Transportation, il n’est «pas exclu» que Volkswagen ait eu recours aux mêmes techniques de dissimulation en Europe, a déclaré son directeur exécutif Drew Kodjak dans un entretien à l’AFP. «Il appartient aux régulateurs du continent de déterminer s’ils sont oui ou non en présence d’un logiciel trompeur comme aux États-Unis.»

Une enquête en France. Dans un communiqué, Ségolène Royal précise avoir demandé des «propositions d’actions» aux instances françaises compétentes, l’Union technique de l’automobile, du motocycle et du cycle (UTAC), service désigné par l’État français auprès de la Commission européenne pour réaliser les essais d’homologation.

L’Allemagne et l’Italie également remontées. Berlin a d’ores et déjà ordonné des «tests approfondis» sur tous les modèles diesel de la marque Volkswagen. L’Italie, par la voix du ministère des Transports, a elle aussi annoncé l’ouverture d’une enquête.

Un coup porté au slogan du « diesel propre »

Vers une enquête européenne. Une enquête est nécessaire «au niveau européen», a estimé mardi le ministre des Finances Michel Sapin. «Nous sommes sur un marché européen, avec des règles européennes, c’est celles qui doivent être respectées.»
Craintes pour le diesel. Si le diesel est marginal outre-Atlantique, il représente près de 60% des ventes en France. Et l’un des principaux arguments de vente des constructeurs reste qu’il s’agit d’un des carburants les plus propres du marché. Un marketing du «diesel propre» battu en brèche par les dernières révélations autour de Volkswagen.

D’autres constructeurs scrutés. Comme aux États-Unis, Michel Sapin a fait valoir que pour «rassurer» les citoyens, il semble «nécessaire» de mener également des contrôles sur d’autres constructeurs européens que Volkswagen. Une requête soutenue par les constructeurs français: un telle procédure «permettra de confirmer que les constructeurs français respectent les procédures d’homologation en vigueur dans tous les pays où ils opèrent», indique un communiqué du Comité des constructeurs français d’automobiles.

Comment ont réagi les marchés? Le titre a perdu près de 30% de son cours à la Bourse de Francfort en trois jours

Volkswagen perd le tiers de sa valeur en Bourse. Le titre a perdu près de 30% de son cours à la Bourse de Francfort en trois jours. Ce sont donc plus de 22 milliards d’euros qui se sont envolés. Au cours actuel, la capitalisation boursière du groupe est en effet tombée à 50 milliards d’euros.

Tout le secteur automobile fragilisé. Victimes collatérales du scandale, les autres constructeurs européens et notamment ceux qui misent gros sur le diesel, ont subi les craintes des investisseurs. Peugeot chute de plus de 9% en l’espace d’une semaine et Renault abandonne 8%. La chute des plus grandes valeurs automobiles pèse aussi sur le CAC 40 qui perdait plus de 2,5% mardi matin.

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