Le SNJT dresse un constat alarmant de la situation de la presse en Tunisie

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Tunisie-Tribune (SNJT) – Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dressé un constat alarmant de la situation de la presse et des médias en Tunisie, dénonçant une « détérioration grave et sans précédent » des libertés journalistiques, une fragilisation croissante des entreprises médiatiques et une dégradation des conditions d’exercice du métier.

Dans un communiqué publié le 31 juillet 2026, à l’occasion de la présentation du rapport de sa deuxième assemblée générale ordinaire, le syndicat a dressé le bilan des activités de son bureau exécutif pour la période allant de janvier 2025 à juillet 2026. Il estime que le secteur a évolué dans un contexte politique, économique et social particulièrement difficile, marqué par un recul des libertés publiques, une crise économique persistante et des pressions accrues sur les médias publics, privés et associatifs.

Le SNJT considère que les politiques menées par l’exécutif ont contribué à affaiblir l’indépendance des médias et à restreindre l’exercice du journalisme, en contradiction, selon lui, avec les garanties constitutionnelles et les engagements internationaux de la Tunisie en matière de liberté de la presse et d’accès à l’information.

Le rapport souligne également que le bureau exécutif a exercé son mandat dans un climat caractérisé par la fermeture des espaces de dialogue, le recul du rôle des corps intermédiaires et la multiplication des poursuites judiciaires liées à des publications ou à des opinions. Dans ce contexte, le syndicat estime que son action doit être évaluée non seulement à l’aune des acquis obtenus, mais aussi de sa capacité à préserver son indépendance, à défendre les journalistes poursuivis ou détenus dans le cadre de leurs activités professionnelles et à freiner l’érosion des libertés de la presse.

La défense des journalistes poursuivis en justice est ainsi demeurée une priorité. Le SNJT réclame l’abandon des procédures qu’il juge abusives et appelle au respect des garanties prévues par les textes régissant le secteur. Il renouvelle notamment son appel à l’application des décrets-lois n°115 et n°116, qui encadrent respectivement la presse écrite et électronique ainsi que le secteur audiovisuel, tout en dénonçant toute tentative de remise en cause de ces textes.

Sur le plan législatif, le syndicat poursuit son plaidoyer en faveur d’une révision des dispositions qu’il considère comme attentatoires aux libertés publiques, notamment le décret-loi n°54 relatif aux infractions liées aux systèmes d’information et de communication. Selon le SNJT, ce texte constitue une menace pour la liberté d’expression et la liberté de la presse en raison de son utilisation dans des affaires impliquant des journalistes en dehors du cadre spécifique des délits de presse.

Le rapport met également en évidence une dégradation des conditions de travail dans les entreprises médiatiques. Le syndicat fait état d’un retour de pratiques de contrôle des contenus, avant et après leur publication, ainsi que d’interventions croissantes dans les lignes éditoriales. Il dénonce des pressions exercées sur les journalistes à travers des consignes imposées, l’exclusion de certaines couvertures médiatiques et la limitation de leur autonomie professionnelle. Ces pratiques favoriseraient l’autocensure, réduiraient le pluralisme des médias et affecteraient la qualité de l’information proposée au public.

Sur le plan socio-économique, le SNJT décrit une situation préoccupante, marquée par la fermeture de plusieurs médias, des licenciements individuels et collectifs, des retards dans le paiement des salaires et le non-respect de certaines obligations sociales. Il souligne également la persistance de formes d’emploi précaire et de collaborations hors du cadre légal, qui touchent particulièrement les journalistes indépendants et ceux employés sous des contrats irréguliers.

Face à cette situation, le bureau exécutif affirme avoir intensifié ses actions de terrain en organisant des rassemblements, des rencontres avec les professionnels, des visites dans les entreprises médiatiques, ainsi qu’un suivi juridique des dossiers d’atteintes aux droits des journalistes. Le syndicat réaffirme ainsi son engagement à défendre la liberté de la presse, la dignité des journalistes et le droit des citoyens à une information libre, indépendante, pluraliste et responsable.

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