La Tunisie ambitionne généraliser la Clim économe

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Tunisie-Tribune (la Clim économe) – La Tunisie vise, d’ici 2030, à réduire d’environ 24 % sa consommation d’hydrofluorocarbures (HFC), de puissants gaz à effet de serre utilisés dans la climatisation et la réfrigération, a indiqué mercredi à Tunis le ministre de l’Environnement, Habib Abid.

Cette réduction passe notamment par la promotion d’une nouvelle génération de climatiseurs économes en énergie et utilisant un gaz moins nocif pour la couche d’ozone, qui permettrait d’économiser 15 % de l’énergie consommée par les quelque 4 millions de climatiseurs fonctionnant aux HFC, a-t-il précisé lors d’un séminaire national organisé à l’occasion de la Journée mondiale de l’ozone (16 septembre de chaque année), sous le thème « Action mondiale pour une planète plus fraîche ».

Dans ce même cadre, sept unités industrielles ont été équipées de dispositifs de production conformes aux normes internationales, moyennant un investissement de 3 millions de dinars. Ces équipements devraient permettre de réduire de plus de 150 mille tonnes les émissions de CO2, a encore indiqué le ministre, évoquant également la formation de 141 formateurs certifiés selon les normes européennes et de plus de 800 techniciens dans ce domaine, ainsi que la modernisation des activités des fabricants de climatiseurs, moyennant une enveloppe estimée à 3 millions de dollars.

Depuis janvier 2024, la Tunisie met en œuvre son dispositif national de réduction progressive des HFC, conformément à l’Amendement de Kigali et dans le cadre d’un plan soutenu par le Fonds multilatéral. Ce dispositif repose sur l’adoption de technologies à plus faible impact climatique et répondant à des exigences accrues en matière d’efficacité énergétique, ainsi que sur des mesures réglementaires et l’accompagnement des acteurs économiques, notamment à travers la conversion des lignes de production, le renforcement des capacités techniques et l’amélioration de l’efficacité énergétique, a rappelé Abid.

Intervenant à cet événement, Lasaad Ben Hassine, représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) en Tunisie, a rappelé que l’organisation a accompagné la conversion de sept entreprises industrielles tunisiennes vers le réfrigérant R-32. Achevé en août 2026, le projet a porté sur la conversion des lignes de production, ainsi que sur la fourniture et l’installation des équipements nécessaires à cette transformation, leur mise en service et l’accompagnement technique des équipes.

« La Tunisie a éliminé les chlorofluorocarbures (CFC), substances appauvrissant la couche d’ozone, dans l’ensemble des secteurs, contribuant à éviter près de 5 millions de tonnes de CO2 équivalent », a fait remarquer Ben Hassine, précisant que l’approche systémique du refroidissement durable nécessite d’anticiper la demande, les besoins et les technologies, ainsi que de développer de nouvelles compétences dans le domaine de l’utilisation de l’énergie.

Selon lui, la transition vers des technologies à plus faible impact climatique constitue un avantage compétitif pour l’industrie tunisienne et une opportunité de création de valeur ajoutée, de compétences et d’emplois.

De son côté, le directeur général de l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), Mohamed Naceur Jeljeli, a rappelé que cette célébration coïncide avec le 10e anniversaire de l’Amendement de Kigali, qui a engagé la communauté internationale dans la réduction progressive des hydrofluorocarbures (HFC).

Il a souligné que la Tunisie a franchi plusieurs étapes importantes dans la mise en œuvre du Protocole de Montréal, accord international visant à réduire et, à terme, à éliminer complètement les substances qui appauvrissent la couche d’ozone, ainsi que de l’Amendement de Kigali.

« Avec l’appui de l’ONUDI, la Tunisie a réussi à réduire de 70 % sa consommation d’hydrofluorocarbures (HFC) à fin 2025, ce qui équivaut à une réduction estimée à près de 900 000 tonnes de CO2 par an », a-t-il conclu.

L’Amendement de Kigali au Protocole de Monréal est un accord international juridiquement contraignant visant à réduire prgressivement les hydrofluorocarbures (HFC), des gaz à effet de serre extrêmement puissants largement utilisés dans la réfrigération et la climatisation. Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP), bien que les HFC représentent actuellement environ 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, leur concentration augmente de plus de 10 % par an en l’absence de mesures de contrôle. Si les HFC ne détruisent pas la couche d’ozone, leur potentiel de réchauffement climatique est des milliers de fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, ce qui fait de la réduction rapide de leurs émissions une priorité climatique majeure.S’il est pleinement mis en œuvre, l’Amendement de Kigali pourrait, à lui seul, permettre d’éviter un réchauffement de 0,5 degré Celsius d’ici à la fin du siècle, voire de 1 degré s’il est associé à des systèmes de refroidissement à haut rendement énergétique.

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