Au Maroc, un ras-le-bol social s’exprime par le boycott des produits Danone, l’eau Sidi Ali et les stations-service Afriquia

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Tunisie-Tribune (Au Maroc, un ras-le-bol social) – un réel malaise social a été suivi par un boycott qui cible les produits Danone, l’eau Sidi Ali et les stations-service Afriquia. En boudant ces marques, des consommateurs expriment le ras-le-bol social qui gagne le royaume marocain.

C’est le premier aveu public de l’impact d’un mouvement inédit qui secoue le Maroc depuis plus d’un mois. Mardi 29 mai, la filiale locale de Danone a annoncé réduire de 30 % ses achats de lait auprès de ses fournisseurs locaux. Dans une lettre adressée à ses « partenaires » et publiée sur le site de l’hebdomadaire marocain TelQuel, la société explique sa décision par une baisse de ses ventes, « tous produits confondus ». 

La raison ?

 Un mystérieux boycott dont les promoteurs ne sont pas connus mais qui s’est répandu dans le royaume comme une traînée de poudre.

Danone n’est pas la seule entreprise visée. L’eau minérale Sidi Ali et les stations-service Afriquia, premier réseau du pays, sont aussi concernées.

Le mot d’ordre est apparu le 20 avril sur les réseaux sociaux, principalement Facebook. Plusieurs hypothèses ont été avancées quant à son origine : l’initiative de membres du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), déçus de voir leur leader, l’ex-chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, marginalisé ? Des règlements de comptes internes au sérail politico-économique ?

« En réalité, peu importe qui est à l’origine du mouvement, » souligne le journaliste Abdellah Tourabi. D’ailleurs, même les produits visés auraient pu être interchangeables.

L’important, c’est pourquoi cette dynamique, “nous les petites gens et les classes moyennes contre eux les puissants”, a pris une telle ampleur. »

« Traîtres à la nation »                       

Les trois marques, leader sur trois produits de base – eau, lait et carburant –, sont accusées de pratiquer des prix très élevés dans un pays toujours en développement.

Mais le boycott peut aussi s’expliquer par le fait que deux de ces sociétés sont détenues par des personnalités influentes, au croisement de la politique et de l’économie.

 

Charlotte Bozonnet – Le Monde

 

 

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