Huawei explique qu’avec HarmonyOS (son propre système d’exploitation), il avait les moyens de se passer d’Android

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  • HarmonyOS serait le joker de Huawei…!

  • Huawei a profité d’une conférence de développeurs pour expliquer qu’il avait les moyens de vivre sans Android.

  • Son arme : son propre système d’exploitation.

Tunisie-Tribune (HarmonyOS) – HarmonyOS serait le nom du nouveau système d’exploitation qui doit permettre à Huawei, le deuxième fabricant de smartphones dans le monde, de prendre sa liberté. Cette annonce est cruciale pour l’industriel basé à Shenzhen et qui compte 188 000 salariés dans le monde. Dans un peu plus d’une semaine, le 19 août exactement, faute d’un accord commercial entre la Chine et les États-Unis, le Chinois ne pourra plus installer les dernières versions d’Android sur ses nouveaux mobiles.

La Maison-Blanche a, le 17 mai, placé Huawei sur une « entity list », lui interdisant à terme de se procurer des composants essentiels aux États-Unis. Les autorités américaines menaçaient alors, après un sursis de 90 jours, de bloquer l’installation d’Android, le système d’exploitation de Google, sur les nouveaux téléphones de la firme chinoise. L’affaire était tellement cruciale qu’elle a été portée au menu des discussions entre Donald Trump et Xi Jinping au G20 d’Osaka. Mais voilà, à ce jour, Huawei n’a pas été retiré de la liste noire américaine, et l’épée de Damoclès plane toujours sur le groupe chinois, qui explique avoir investi 14,8 milliards de dollars en recherche en 2018.

Que sait-on vraiment de HarmonyOS, qui a été annoncé en marge d’une conférence de développeurs ce 9 août à Dongguan ? Il s’agit d’un système open source, c’est-à-dire que son caractère ouvert va permettre à des développeurs de créer des applications dédiées, qui sera, entre autres, ouvert aux applications développées sur HTML5, Linux, et même celles qui sont compatibles avec l’écosystème Android. Surtout, il pourra être déployé sur une grande variété de machines, des smartphones aux téléviseurs, en passant par les robots. D’ailleurs, le tout premier appareil à être équipé sera un téléviseur de la marque. L’idée est de construire un système capable de rendre possible l’interconnexion de tous les objets, de manière synchronisée. Plus crucial, il promet d’avoir une latence inférieure à 5 millisecondes, ce qui, promet l’industriel, permettra le développement de l’Internet des objets, pour la conduite autonome, par exemple. « Harmony OS est complètement différent d’Android et d’iOS », a déclaré Richard Yu, le directeur exécutif de l’entreprise.

Course

Car, aujourd’hui encore, Huawei tend toujours la main à Google pour utiliser Android. Mais si la Chine et les États-Unis n’arrivent pas à se mettre d’accord ? « Si nous ne pouvons plus utiliser Android, nous pourrons passer toutes nos applis sur HarmonyOS », a assuré Richard Yu, expliquant que ce remplacement pouvait se faire en « deux jours ». Posséder son propre système d’exploitation est un produit d’appel inégalable, car il permet de créer un écosystème de développeurs. Lorsqu’on arrive à attirer les meilleurs d’entre eux, on peut faire la différence et envisager de devenir le premier fabricant de mobiles dans le monde, une position occupée aujourd’hui par Samsung, qui vient tout juste de lancer son prometteur Galaxy Note 10 doté d’un stylet et comptabile 5G. Mais elle est aussi visée par Apple qui devrait lancer en septembre au moins un nouveau modèle d’iPhone, tout comme par le taïwanais Asus et par les chinois Lenovo, Oppo qui a doté son Reno 10 X Zoom d’un appareil photo qui se déploie comme un aileron de requin, OnePlus via son 7T Pro, ou encore Xiaomi, qui promet pour bientôt un smartphone doté de capteurs à 108 millions de pixels.

Souveraineté

C’est aussi une affaire de souveraineté massive. L’avance de la Chine dans la 5G a été vécue par les Américains comme un « moment Sputnik », du nom du lancement du premier satellite russe lancé en 1957 et qui avait décidé les Américains à mettre les bouchées doubles dans la course spatiale. Ici, tout se joue pour savoir qui dominera la 5G, à la rapidité d’exécution inégalée. Les autorités chinoises prennent le sujet très au sérieux. Il ont décidé de freiner le déploiement du NB-IOT, une technologie alternative pour l’Internet des objets, afin de se concentrer sur la 5G. D’ailleurs, tous les opérateurs chinois (China Mobile, China Telecom et China Unicom) ont déjà une licence 5G, ce qui leur permettra d’effectuer leur premiers déploiements l’an prochain, en s’appuyant en grande partie… sur des commandes Huawei, qui, l’an dernier, a déposé le plus de brevets dans le monde.

 » Comme un alpiniste « 

Huawei, qui a réalisé au cours du dernier exercice un chiffre d’affaires de 108 milliards de dollars, a-t-il les moyens de faire cavalier seul ? « Comparé à Apple et à Android, il nous manque encore un bon écosystème d’applications », a expliqué le créateur de Huawei dans un entretien accordé au Point.fr le 3 juillet. « Combien de temps vous faudrait-il pour créer un tel écosystème ? » lui avait-on alors demandé. « Plusieurs années », avait répondu celui qui est né en 1944 dans la province pauvre du Guizhou. « Huawei est aujourd’hui une monnaie d’échange dans le conflit qui oppose les deux plus grandes puissances mondiales. C’est paradoxalement une marque forte dont l’avenir est incertain », analyse le consultat en innovation Olivier Ezratty.

On aurait tort d’enterrer trop vite l’entreprise qui a failli baptiser son système d’exploitation « HongMeng », du nom d’un personnage du texte taoïste Zhuangzi. « Je pense que la position de notre entreprise va légèrement se déprécier sur le court terme », poursuivait Ren Zhengfei il y a un mois. « Mais, comme un alpiniste, la baisse du centre de gravité nous rendra plus stables, puis nous grimperons plus vite et plus haut. »

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