L’UE pressée d’assouplir le règlement sur les créneaux aéroportuaires

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Tunisie Tribune (créneaux aéroportuaires) – Après l’annonce de Lufthansa de devoir exploiter 18.000 vols « inutiles » à vide cet hiver, sous peine de perdre des créneaux en raison du règlement européen, la Commission européenne est sous pression pour assouplir encore le règlement dans les aéroports de l’Union européenne (UE).

En temps normal, le règlement européen prévoient que les compagnies aérienne doivent utiliser au moins 80 % des créneaux (ou slots) de décollage et d’atterrissage qui leur sont attribués dans les aéroport européens, sans quoi elles perdent leurs droits la saison suivante. Après la suspension du règlement en mars 2020 pour éviter que les compagnies n’opèrent des vols à vide dans le but de garder leurs créneaux au plus fort de la crise sanitaire, Bruxelles avait recommandé un retour progressif à la normale à la suite du redressement partiel du trafic.

Depuis le 28 mars 2021, les compagnies sont tenues d’utiliser 50 % de leurs créneaux de décollage et d’atterrissage pour pouvoir les conserver, mais ce niveau est jugé excessif par le secteur aérien, encore convalescent, notamment après l’apparition du variant Omicron qui a provoqué une nouvelle chute des réservations cet hiver.

Lufthansa a annoncé devoir supprimer 33.000 vols cet hiver mais elle en fera quand même voler 18.000 « inutiles« , en raison de ce règlement des créneaux. Pour sa part, Air France, « qui n’a jamais opéré de vol à vide pour conserver des créneaux horaires et ne prévoit pas de le faire » s’est dite « favorable à une réévaluation de ces règles pour que les compagnies continuent d’assurer des vols uniquement quand la demande le justifie« .

Le 15 décembre dernier, Bruxelles a annoncé que ce seuil serait encore augmenté à 64 % pour la prochaine saison d’été, du 28 mars au 29 octobre, provoquant la colère des compagnies aériennes. Le ministre belge de la Mobilité, Georges Gilkinet, a écrit le 3 janvier 2022 à la commissaire européenne aux Transports, Adina Valean, pour faire cesser ce règlement dénoncé par les compagnies aériennes comme une aberration économique et environnementale.

Dans ce bras de fer, ACI-Europe, qui représente les aéroports européens, a pris la défense de Bruxelles, expliquant que les compagnies aériennes n’ont aucune raison de faire voler des avions à vide en Europe pour conserver leurs créneaux. dans un communiqué rendu public jeudi, l’association a dit sa « consternation au sujet de l’escalade des déclarations » du secteur aérien sur les vols à vide qui laissent entrevoir un « scénario de fin du monde[…] sans lien avec la réalité« .

Selon ACI-Europe, les compagnies pouvaient conserver leurs créneaux en faisant invoquer par leur régulateur national la clause de « non-utilisation justifiée des créneaux » qui « couvre non seulement les interdictions de voyager pures et simples, mais aussi des restrictions de mouvement, des mesures de quarantaine ou d’isolement qui affectent la viabilité ou la possibilité de voyager, ou la demande sur certaines liaisons« .

Faut-il rappeler que les aéroports européens ont déjà eu ces derniers mois des échanges acerbes et publics avec les compagnies aériennes, notamment au sujet des redevances touchées par les aéroports de la part des compagnies pour chaque décollage et atterrissage, dans un contexte de finances asséchées pour l’ensemble du secteur.

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