Egypte : En dix mois, la monnaie égyptienne a été rognée de 69,44% par rapport au Dollar… Péril économique grave !

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Tunisie Tribune (monnaie égyptienne) –  Une tuile est tombée sur l’économie égyptienne : La monnaie nationale, la livre, a encore été dévaluée hier mercredi 4 janvier. C’est la troisième dégringolade de ce genre en moins d’une année – après mars et octobre 2022-, même si elle est moins forte que les autres, 7%. Désormais il faudra 26,5 livres égyptiennes pour avoir 1 dollar américain…

En dix mois – depuis fin février 2022 – la monnaie égyptienne a été rognée de 69,44% par rapport au billet vert. Il faut se tourner vers la Turquie pour voir un péril économique aussi grave. Et évidemment plus le dollar est rare et cher plus la monnaie égyptienne s’érode, vu que les importations nationales, qui pèsent très lourd, sont payées avec la monnaie américaine.

L’autre corollaire c’est la poussée inflationniste. D’après les experts, la dernière dévaluation devrait faire flamber le taux d’inflation jusqu’à 23-25%, sans parler du surcoût pour les crédits. Ce qui va directement impacter les entreprises et les ménages, donc l’économie vu que la consommation et la demande intérieure vont plonger.

Le pays des pharaons, avec ses 105 millions d’habitants et autant de consommateurs, paye un lourd tribut à la montée des cours des produits agricoles sur le marché mondial, surtout le blé et les oléagineux. A noter que l’Egypte est le plus gros importateur de blé de la planète, avec des quantités annuelles de l’ordre de 13 millions de tonnes. Ce poste de dépense aspire les réserves en devises, à côté de ça il y a une fuite massive de devises du fait de la crise de confiance.

Le stock de devises de l’Egypte est d’à peine 33 milliards de dollars, dont 28 ont été déposés à la Central Bank of Egypt par les pays du Golfe. Avec une dette extérieure de plus de 143 milliards de dollars et un service de la dette de plus de 18 milliards de dollars par an le pays d’Abdel Fattah Al-Sissi est au fond du trou. Officiellement l’inflation est à 18,7% mais la réalité est toute autre avec l’alimentation…

Les devises sont devenues tellement rares que les importateurs sont dans l’incapacité de régler les factures des fournisseurs, ce qui aggrave les pénuries et dope la hausse des prix. Au moment où on écrit ces lignes 7 milliards de dollars de produits importés dorment au port, pour cause d’assèchement de la devise permettant de régler l’ardoise.

La conjoncture économique est tellement mauvaise que l’Egypte a été placée par Moody’s parmi les pays qui pourraient basculer dans le défaut de paiement de leurs dettes. Certes les autorités trouveront un peu d’oxygène avec le crédit de 3 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI), mais il faudra qu’elles tiennent leur engagement : Une politique de taux de change plus souple.

Reste à convaincre les partenaires internationaux d’injecter quelque 5 milliards de dollars, plus le milliard du Fonds durable. Cet argent aidera à muscler un budget étatique famélique mais de toute évidence ça ne suffira pas à requinquer le pays. Il faudra passer par la case privatisation afin de collecter les devises dont l’Egypte a besoin pour stopper l’érosion de la livre face au dollar.

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