Les «Essassi» s’adossent à l’UIB et visent la fusion avec le GAT

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Tunisie Tribune (UIB) – Ce sont d’abord, deux informations qui n’auraient visiblement rien à faire l’une avec l’autre. Le 28 décembre 2022 , les assurances Maghrebia, filiale d’UFI Groupe d’Abdelaziz Essassi, déclarait avoir dépassé le seuil de 20 % dans le capital de l’assureur filial de la BIAT, « GAT Assurances », où il détient désormais par acquisition en Bourse, 23,067 %, de concert avec « Maghrebia Vie » qui entrera deux jours plus tard en Bourse, et précise dans un communiqué publié sur le site de la Bourse, qu’il « envisage de poursuivre l’acquisition et la cession de nouvelles actions ».

  • Une fusion en vue ? Le CGA en confirme l’intention

Un tel rapprochement entre deux entreprises du même secteur financier n’est pas une nouveauté en soi. Bien avant « Maghrebia », l’assureur « La Carte » avait pris position à 33 % chez BH Assurance, et en était sorti lors du rachat de l’UBCI.

« En tant que régulateur, nous poussons vers un ramassement du marché qui compte 24 assureurs avec le réassureur national, et qui contient à notre sens beaucoup trop d’acteurs. Pour le cas de Maghrebia, ils disent clairement qu’ils prennent position, dans l’intention d’un rapprochement, d’un mariage, ou d’une fusion entre les deux compagnies dans l’avenir. Cela est clairement affiché. Ils étaient déjà en discussion avec une autre entreprise, à la recherche d’une alliance, dans le but toujours de se donner la taille critique nécessaire pour relever les défis réglementaires et faire face à la crise que vit tout le pays, où il n’y a plus de place pour les petits », indique pour Africanmanager le président du Comité Général des Assurances, Hafedh Gharbi.

On comprend donc qu’on pourrait s’acheminer vers une fusion GAT-Maghrebia et leurs filiales Vie, qui donnerait naissance à un géant des assurances d’un chiffre d’affaires de 500 MDT au moins, dans un marché global de 3.000 MDT pour un résultat autour de 300 MDT, ce qui représenterait un résultat moyen de 12,5 MDT par assureur. Des chiffres qui donnent un sens à l’accord donné par le CGA aux intentions de rapprochement, ou fusion de Maghrebia avec le GAT, dans le cadre plus général d’un souci de mettre fin à l’atomisation du secteur.

Notons que pour le GAT, le bilan clos au 31 décembre 2020 totalisait plus de 465, 122 MDT, contre 443, 858 MDT au 31 décembre 2019, accusant ainsi une augmentation de 5%. La situation au 31 décembre 2020 dégageait un bénéfice net d’impôt de plus de 15, 578 MDT, contre un bénéfice de 12, 849 MDT au 31 décembre de l’exercice précédent.

La même année, Maghrebia qui est déjà en partenariat avec la « Generali » après acquisition d’Assitalia, affichait un CA de 263,273 MDT (187,441 MDT en individuel) et un RN consolidé de 26,072 MDT (18,707 MDT en individuel). Le bilan au 31 décembre 2021 faisait apparaître un total de 427, 984 MDT, et un bénéfice net de 22, 058 MDT.

  • L’UIB prochain financier de la fusion ?

Le 28 décembre 2022 aussi, la société UFH (Union Financière Holding) de UFI Group que préside Abdelaziz Essassi, annonçait le dépassement du seuil des 5 % dans le capital de l’UIB (Union Internationale des Banques). Le communiqué de l’UFH précisait aussi « qu’il envisage de poursuivre l’acquisition et la cession de nouvelles actions », formule consacrée pour déclarer l’intention d’acquisition de plus d’actions de la banque en bourse, à travers l’intermédiaire « Union Financière » du même groupe.

En fait, l’UFH était déjà à 4,905 % dans le capital de l’UIB avant la déclaration de franchissement de seuil. Et la nouveauté, pour le groupe d’Abdelaziz Essassi et son fils, était l’acquisition de 0,098 % supplémentaires, pour être au-dessus des 5 % qui lui permettraient de siéger dans le conseil d’administration de la banque.

L’UFH ne déclarait certes pas d’autres intentions, mais l’un n’empêche pas l’autre. Et il ne serait pas non plus exclu, selon nous, que cet adossement des Essassi à une des meilleures banques de la place, soit en lien direct avec leur volonté de fusion avec l’autre société d’assurance, où elle annonçait, le même jour, avoir dépassé le seuil des 20 % à un peu plus de 23 % et ne compte pas en rester là.

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