Tunisie-Tribune (Le pétrole et le gaz) – Pas de rebond de fin d’année pour le pétrole et le gaz. Les prix du pétrole n’ont finalement pas profité des tensions en mer Rouge et le prix du gaz naturel européen a poursuivi sa forte baisse ces dernières semaines.
Ainsi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord est solidement ancré sous le seuil des 80 dollars, seuil considéré comme minimum par l’Arabie saoudite pour boucler son budget et financer ses lourds investissements en infrastructures , autour de 77 dollars pour une livraison en mars, alors que le baril de WTI (Texas) se négocie autour de 71,5 dollars, pour une livraison fin février. Au total, le prix du Brent a perdu 8 % en 2023 et près de 20 % depuis ses plus hauts de l’année en septembre dernier. «La menace persistante d’une extension du conflit au Moyen-Orient signifie que les marchés pétroliers doivent rester vigilants quant aux risques d’approvisionnement», a toutefois commenté Han Tan, analyste chez Exinity, cité par l’AFP. Mais la faible réaction du marché est due au fait que la «prime de risque géopolitique a déjà été intégrée aux prix», a-t-il expliqué.
Le bond en avant de l’Amérique
Mais c’est surtout le bond de la production d’hydrocarbures aux Etats-Unis, faisant de l’Amérique du Nord le premier producteur mondial de pétrole, qui bouleverse le marché pétrolier. Ainsi, les États-Unis ont augmenté leur production d’un million de barils par jour en 2023… l’équivalent d’une réduction de la production pétrolière de l’Arabie saoudite. D’autres pays producteurs, notamment africains, refusent de baisser leur production pour privilégier leurs propres objectifs de revenus, tandis que la Russie en guerre a accepté de réduire sa production de 0,5 million de barils par jour. Au final, l’Opep se retrouve généralement seule à réduire sa production pour faire monter les prix, mais cette baisse de production est rapidement compensée par les Etats-Unis et d’autres producteurs qui souhaitent gagner des parts de marché.
Un pétrole cher en 2024
Pour 2024, les attentes sont complexes à réaliser, compte tenu notamment du contexte géopolitique, qui peut vite se dégrader, et propulser le baril au-dessus des 100 dollars, mais aussi de la difficulté à évaluer la demande mondiale, c’est-à-dire l’ampleur du ralentissement de la croissance, ou même la récession. Selon la banque britannique Standard Chartered, le prix du pétrole pourrait s’élever jusqu’à 98 dollars en 2024 et jusqu’à 105 dollars en 2025, face à une demande finalement toujours soutenue et à une politique d’approvisionnement très restrictive de la part de l’Opep. Une prévision toutefois supérieure au consensus. «Les marchés devraient afficher un léger excédent au premier trimestre 2024, avant de retrouver un équilibre serré plus tard dans l’année. Cela confirme notre opinion selon laquelle les prix se négocieront dans une fourchette de 80 à 90 dollars pendant la majeure partie de 2024», estime pour sa part la banque Lombard Odier.
Baisse du prix du gaz naturel
Quant au gaz naturel européen, le contrat à terme néerlandais TTF, considéré comme la référence du marché en Europe, a littéralement chuté en fin d’année à 32,095 euros le mégawatt heure (MWh).
Le prix aura donc été divisé par deux en un an, pour revenir largement à ses niveaux d’avant-guerre en Ukraine, ceux de juin 2021
Les analystes de la DNB, cités par l’AFP, rappellent que «la demande européenne de gaz reste faible, même si l’on prend en compte les variations saisonnières». Certes, il y a eu des pics de froid en novembre mais l’hiver reste, à ce jour, globalement plus chaud que l’an dernier et les stocks en Europe sont à un niveau très élevé. L’Europe a réussi à se déconnecter en quelques mois de sa principale source de gaz naturel qu’était la Russie, un scénario que tout le monde disait impossible à réaliser. Mais l’Europe a réussi, il ne reste qu’une part résiduelle du GNL russe (15 %) et, de l’avis de tous les experts, il n’y aura pas de retour à la situation d’avant-guerre.




























































