Tunisie-Tribune (88e anniversaire de la Fête des Martyrs) – ce jeudi 9 avril 2026, la Tunisie s’arrête pour honorer la mémoire de ses enfants tombés pour la patrie. Nous célébrons le 88e anniversaire des événements sanglants du 9 avril 1938. Plus qu’une simple date, c’est un séisme politique qui a ébranlé les fondations du protectorat français et tracé, dans le sang, le chemin irréversible vers l’indépendance.
L’Appel : « Un Parlement tunisien ! »
En avril 1938, la Tunisie étouffe sous la domination coloniale française. La tension est à son comble. Le mouvement national, porté par le Néo-Destour, mobilise les foules. Les 8 et 9 avril, Tunis devient le théâtre de manifestations grandioses et pacifiques. Le mot d’ordre est clair, puissant et unitaire : « Un Parlement tunisien ! ».
Les Tunisiens ne réclament plus seulement des réformes, mais le droit fondamental à l’autodétermination et à la représentation politique. C’est une remise en cause directe de la souveraineté française.
L’aube du militantisme féminin : Les femmes en première ligne
Le 9 avril 1938 marque également une rupture sociologique majeure dans l’histoire de la lutte nationale. Pour la première fois, de manière organisée et massive, les femmes tunisiennes descendent dans la rue. Aux côtés des hommes, elles bravent les forces coloniales, affirmant que le combat pour la liberté n’a pas de genre. Ce jour-là, l’aube du militantisme féminin tunisien s’est levée face aux fusils.
La répression sanglante et le sacrifice suprême
Face à cette démonstration de force populaire, la réponse du protectorat fut d’une brutalité impitoyable. Les troupes coloniales ouvrirent le feu sur la foule désarmée. Le bilan officiel, effroyable, fait état de 21 morts et de dizaines de blessés. Ces martyrs, tombés à la fleur de l’âge, sont devenus les symboles éternels du sacrifice suprême pour la dignité nationale.
S’ensuivit une vague d’arrestations massives visant les dirigeants du Néo-Destour, dont Habib Bourguiba, et des centaines de militants. L’ordre colonial pensait avoir décapité le mouvement ; il n’avait fait qu’en cimenter la détermination.
Le tournant irréversible vers le 20 mars 1956
Malgré la douleur et le deuil, le sacrifice du 9 avril n’fut pas vain. Ces événements ont constitué un tournant psychologique et politique majeur. Ils ont unifié le peuple tunisien autour d’un objectif unique : l’indépendance totale. La « Fête des Martyrs » n’est pas seulement la commémoration d’une tragédie, c’est la célébration du courage indomptable qui a ouvert la voie à la proclamation de l’indépendance, le 20 mars 1956.
88 ans plus tard, la Tunisie se souvient. Pour que nul n’oublie le prix de la liberté.
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