Tunisie-Tribune (Crise CNAM–Pharmaciens d’officine) – Le bras de fer financier entre les officines privées et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) franchit un seuil critique. À compter de ce dimanche 1er novembre 2026, les assurés sociaux affiliés à la formule du tiers payant devront avancer l’intégralité des frais de leurs médicaments en pharmacie, une onde de choc directe pour le pouvoir d’achat des citoyens.
Réuni en instance nationale élargie le 27 octobre dernier, le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) avait accordé un ultime sursis jusqu’à la fin de la semaine dans l’espoir d’un dénouement concerté. Faute d’accord et face à l’impasse des négociations, le syndicat a officialisé sa décision vendredi après-midi : la rupture de la convention de prise en charge directe est désormais actée.
Une trésorerie à l’agonie et la menace de rupture de stock
Loin d’une simple querelle corporatiste, cette mesure radicale est présentée par la profession comme un acte de survie économique. Les retards chroniques de remboursement des arriérés dus par la CNAM asphyxient depuis plusieurs mois les bilans financiers des pharmacies.
Dans son communiqué, l’organisation syndicale souligne que cette suspension est devenue incontournable pour maintenir leur solvabilité auprès des grossistes-répartiteurs :
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Garantir l’approvisionnement : Privées de liquidités, les officines ne peuvent plus honorer leurs commandes de médicaments dans un contexte déjà fragilisé par les pénuries récurrentes de principes actifs essentiels.
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Pression fiscale et charges fixes : Les pharmaciens dénoncent un fardeau fiscal accru, l’enlisement des réformes structurelles du secteur officinal et la prolifération de circuits parallèles non réglementés.
Quel impact pratique pour les assurés sociaux ?
Pour des centaines de milliers de Tunisiens — en particulier les personnes âgées et les patients souffrant d’affections de longue durée (ALD) —, cette décision marque un retour brutal au paiement comptant au comptoir :
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Avance obligatoire des frais : Dès le 1er novembre, chaque patient devra régler la totalité du coût des médicaments prescrits avant de constituer un dossier de remboursement individuel (bulletin de soin).
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Coordination transitoire : Le syndicat précise avoir pris attache avec les services de la CNAM afin de fluidifier le traitement administratif des dossiers et limiter au maximum les ruptures de traitement pour les assurés. Les modalités techniques de cette phase transitoire seront communiquées dans les prochains jours.
Ce nouvel épisode de crise met en lumière l’urgence d’une refonte globale du modèle de financement de la sécurité sociale en Tunisie, où les équilibres précaires des caisses publiques finissent par ébranler l’accès universel aux soins de santé de base.
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