Tunisie-Tribune (paiement mobile) – Bien que la Tunisie soit historiquement plus bancarisée que nombre de ses voisins subsahariens, elle accuse un retard dans l’adoption des solutions de finance digitale. Le paiement mobile y reste encore embryonnaire, privant le pays d’un levier important de croissance, c’est ce qui ressort d’une note d’analyse publiée, vendredi, par l’Association des économistes tunisiens (ASECTU).
D’après la note élaborée par l’économiste Chedlia Farhat et intitulée « Tunisie Digitale 2030 : vers une inclusion financière universelle », l’expérience du mobile money en Afrique subsaharienne démontre qu’un saut technologique est possible, avec des impacts économiques significatifs (jusqu’à +9 % du PIB dans certains pays).
En Tunisie, malgré une rentabilité bancaire solide et un taux de pénétration du mobile supérieur à 80 %, seuls 36 % des Tunisiens disposent d’un compte bancaire formel, laissant près des deux tiers de la population adulte hors du système financier.
En effet, souligne encore le document, depuis une décennie, la bancarisation en Tunisie stagne : le taux de 36 % enregistré en 2021 contraste avec plus de 70 % au Maroc et en Égypte. Ce fossé prive une grande partie des jeunes, des femmes et des ménages d’opportunités de crédit, d’épargne et d’assurance et il pèse encore plus lourd dans les zones rurales. Parallèlement, la baisse de 15% des financements multilatéraux depuis 2022 accentue la pression sur les ressources nationales. Dans ce contexte, mobiliser les liquidités domestiques, notamment l’épargne informelle, devient essentiel pour financer l’économie réelle. La bonne nouvelle est que la Tunisie dispose déjà d’une infrastructure digitale solide : le réseau 4G couvre 95 % du territoire, et plus de 80 % des Tunisiens possèdent un smartphone ou un téléphone mobile. Ces atouts constituent une base solide pour réussir la transformation numérique du secteur financier.
Face à ce constat, la note indique que le développement du paiement mobile pourrait avoir un potentiel économique considérable pour la Tunisie. Il pourrait mobiliser jusqu’à 5 milliards de dinars d’épargne informelle, stimuler l’investissement et augmenter le PIB de près de 7 % à l’horizon 2030.





















































