Healthcare IT Forum : l’e-médecine en débat à Tunis entre spécialistes en médecine et en technologies

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Tunisie-Tribune (Healthcare IT Forum) – Les travaux du forum « Healthcare IT Forum » ont démarré, ce mardi à Tunis et se poursuivront pendant deux jours.

Il s’agit du premier rendez-vous national dédié aux enjeux technologiques du secteur de la santé en Tunisie.

Le forum réunit les décideurs IT des hôpitaux publics, des cliniques privées et des industries pharmaceutiques autour des grandes thématiques de la transformation digitale comme la cybersécurité, l’intelligence artificielle, le cloud, la data, les solutions métiers et la sécurité industrielle.

Pensé comme une plateforme d’échanges stratégiques et de partage d’expériences, le forum offre un espace unique où institutions, experts, fournisseurs de technologies et responsables IT analysent les défis actuels, découvrent les meilleures pratiques et explorent les innovations qui façonneront l’avenir du système de santé.

Organisé par le ministère de la Santé, via son Centre d’informatique (CIMS) et en collaboration avec l’agence allemande de coopération (GIZ), une agence spécialisée dans l’organisation d’événements technologiques ainsi qu’une radio privée à vocation économique, le forum a connu une forte participation des différents intervenants des écosystèmes sanitaire et numérique.

Lors de la séance d’ouverture, le chargé de la gestion du Centre d’informatique du ministère de la Santé (CIMS), Tawfik Borji, a souligné que le ministère a fait de la transformation numérique un pilier stratégique de la réforme du système national de santé.
« En effet, cette réforme est aujourd’hui essentielle pour moderniser le service public, améliorer la qualité des prestations, renforcer la gouvernance du secteur et optimiser l’utilisation des ressources », a-t-il dit.

Il a, en outre, précisé qu’un programme national intégré de santé numérique est en cours de réalisation. Il repose sur plusieurs axes, notamment la modernisation des infrastructures numériques des établissements de santé, le développement et la généralisation des systèmes d’information, la numérisation des parcours de soins, le renforcement de l’échange numérique de données entre les différentes structures, ainsi que la sécurisation des données de santé et le développement de la télémédecine.

Selon le responsable, plusieurs phases de ce programme sont déjà entrées en exploitation, notamment la numérisation des services de radiologie, des laboratoires et des unités hospitalières, la mise en place de services de santé à distance, ainsi que le développement du projet « hôpital numérique », contribuant à rapprocher les services de santé et à renforcer l’égalité des chances entre les régions dans l’accès aux soins.

De son côté, la directrice de la coopération internationale à l’ambassade d’Allemagne à Tunis, Jacqueline Groth, a affirmé que les solutions numériques offrent des opportunités inédites pour améliorer la qualité des soins et les rendre plus inclusifs et efficaces au bénéfice des citoyens.

Elle a également rappelé que la Tunisie et l’Allemagne célèbrent cette année le 70e anniversaire de leur coopération, couvrant plusieurs domaines, dont la transformation numérique et le développement du secteur de la santé, réaffirmant, à cette occasion, le soutien continu de son pays aux projets conjoints.

Elle a cité, à titre d’exemple, la plateforme Evax, développée durant la pandémie de COVID-19, devenue aujourd’hui une plateforme nationale de vaccination comptant environ 9 millions d’utilisateurs.

Elle a, par ailleurs, annoncé un nouveau projet qui sera prochainement lancé et qui portera sur la numérisation des services médicaux scolaires et universitaires, permettant un suivi numérique et global des dossiers de santé des élèves et étudiants.

Pour sa part, Riadh Chaker, spécialiste en chirurgie générale et en intelligence artificielle appliquée aux systèmes de soins, a appelé à valoriser les acquis de la Tunisie en matière de transformation numérique et de développement des compétences, soulignant la nécessité de renforcer les infrastructures de l’IA et de créer un environnement propice à l’émergence de projets numériques.

Il a également mis l’accent sur l’importance d’harmoniser le cadre juridique aux évolutions technologiques, afin de promouvoir l’investissement et permettre aux start-ups de développer des solutions innovantes, notamment dans le domaine de la santé.

Dhaker Lahidheb, spécialiste en cardiologie, a, quant à lui, abordé les défis liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle en médecine, ainsi que ses implications sur le rôle du médecin et les limites de son utilisation dans le diagnostic et la pratique clinique.

Il a souligné que la relation entre le médecin et ces technologies repose sur la complémentarité et non sur la substitution, précisant que, malgré sa capacité d’analyse des données, l’IA ne peut remplacer le médecin, qui demeure le seul habilité à prendre les décisions thérapeutiques appropriées.