Tunisie-Tribune (Madame Anne Guéguen) – Monsieur le Ministre des technologies de la Communication, Mesdames et messieurs les députés,
Mesdames et messieurs les ambassadrices, ambassadeurs et représentants d’organisations internationales,
Chers élus de la communauté française,
Chers amis tunisiens ou d’ailleurs,
Mes chers compatriotes,
Merci de votre présence, à chacun et chacune. Je me réjouis de célébrer avec vous le 14 juillet. Plus qu’une date, cette fête est le symbole d’un peuple affirmant la liberté, l’égalité et la fraternité, principes qui ont porté l’élan révolutionnaire et conduit, le 14 juillet 1789, à la prise de la Bastille, mettant à bas l’arbitraire. Si les Français sont foncièrement attachés à leur devise, fondement de notre République et de notre démocratie, ces principes émancipateurs ne sont pas l’apanage d’un pays ni d’une époque. Ils transcendent les frontières, les peuples et les générations, et parlent à toutes celles et ceux qui veulent dignité et justice.
Ces valeurs que nous avons en partage ont une résonance propre ici, pays de haute culture, ancré profondément en lui-même, ni à l’orient ni à l’occident, mais à la croisée des routes méditerranéennes, arabes et africaines. La Tunisie est pétrie d’une histoire remarquable de luttes, d’engagements et d’espoirs, forgée par des femmes et des hommes qui, je le constate depuis trois ans que j’ai l’honneur d’y servir comme ambassadrice, font preuve d’une résilience admirable dans la marche incertaine du monde.
Monsieur le Ministre, votre présence est aussi l’occasion de célébrer 70 ans de relations diplomatiques depuis l’indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956. Les rapports entre la Tunisie et la France, d’une remarquable stabilité, tirent leur solidité de la volonté commune de surmonter, de manière lucide et apaisée, les injustices et souffrances du passé colonial. C’est un choix, que nous faisons ensemble, de nourrir un partenariat d’égal à égal fondé sur le respect, l’écoute, le dialogue. La Tunisie est souveraine dans ses choix, et la France, comme l’Union européenne, respecte profondément cette souveraineté. Je le dis avec humilité. Notre ambition est de coopérer et de partager, pour le bénéfice mutuel des peuples, en servant leurs intérêts réciproques. Le « partenariat mutuellement bénéfique » qui était au coeur du sommet

Africa Forward à Nairobi le 11 mai, doit être, plus que jamais, au centre de notre action.
Monsieur le Ministre, chers invités, la France, comme l’UE, est un partenaire fiable, constant, prévisible, engagé. Nous cherchons à nourrir la confiance. Déterminés à assurer notre défense et innovants, nous ne sommes pas pour autant dans une logique prédatrice ni impérialiste. Nos relations sont dynamisées par notre proximité, qui est un atout mutuel précieux dans un monde où il est devenu impératif de raccourcir et de sécuriser les chaînes de valeur et d’approvisionnement, de décarboner nos économies comme d’assurer la sécurité de nos concitoyens sur tous les plans.
Vous le savez, la France est le premier partenaire économique de la Tunisie et nos échanges se portent bien. Les investissements comme le commerce bilatéral sont en hausse. C’est au profit de la Tunisie, dont l’excédent commercial vis à vis de la France a dépassé l’an dernier les 3 Mds d’euros, à comparer avec les 2,4 Mds d’euros tirés du tourisme.
Notre relation se construit dans des projets qui touchent directement la vie des citoyens. Ensemble, nous agissons pour former les jeunes et préparer l’entrée dans la vie active – je veux évoquer les près de 20 000 élèves dans les établissements du réseau AEFE en Tunisie et les 16.000 étudiants tunisiens en France mais aussi l’appui à la modernisation des ISET ou encore l’inauguration récente, avec la Fondation Tunisie pour le Développement et nos amis allemands, des centres ELIFE de Sidi Bouzid et Tozeur. Nous créons des emplois – je pense aux 170.000 emplois directs dans les entreprises à participation française en Tunisie ; nous encourageons l’innovation et l’entrepreneuriat – je pense au succès du Forum Méditerranéen de l’intelligence artificielle (FMIA) que nous avons organisé avec vous, Monsieur le Ministre, en novembre dernier.
Nos projets communs visent aussi à protéger les ressources naturelles, en particulier l’eau, et appuyer le choix stratégique de la Tunisie de renforcer sa souveraineté énergétique en développant son exceptionnel gisement solaire et éolien. Nos projets sont au service du développement des régions, dans un souci de soutien aux priorités de justice sociale et territoriale du gouvernement tunisien. C’est pourquoi nous coopérons pour renforcer les systèmes de santé – la France apporte ainsi, à travers l’AFD, le financement nécessaire à la construction de deux nouveaux hôpitaux à Gafsa et Sidi Bouzid. Ces projets viennent également contribuer aux services rendus par la société civile, notamment les femmes tunisiennes dont on ne dira jamais assez combien elles sont valeureuses et portent leur pays. Pour beaucoup
d’entre eux, ces projets sont soutenus par l’Institut français de Tunisie ou par Expertise France, qui a fêté en décembre dix ans d’activité.
Notre relation se construit d’abord grâce à vous, chers amis tunisiens et chers compatriotes, qui contribuez à nourrir nos liens humains d’une densité exceptionnelle, et je pense tout particulièrement aux centaines de milliers de tunisiens et franco-tunisiens qui vivent en France et dont la bi-culturalité est un pont formidable entre les deux rives, un atout précieux que nous devons chérir. Pour la jeunesse, talentueuse, exigeante, qui veut des perspectives, en Tunisie comme à l’international, notre responsabilité collective est d’ouvrir des horizons, en facilitant les mobilités – et je suis heureuse de dire que nous avons délivré plus de 116.000 visas l’année dernière avec un taux de refus de moins de 16% -, en encourageant les projets, et surtout en faisant confiance et construisant l’espoir.
Dans notre monde instable et violent, en pleine recomposition stratégique, cette confiance est essentielle. Nous partageons le même horizon de défis – qu’il s’agisse de climat, d’énergie, de santé, de démographie, de sécurité. Nos destins sont liés. Nous avons une maison commune à préserver et je pense très concrètement à la fois à la Méditerranée et aux Nations unies. Dans ces temps sombres, les peuples attendent que la voix du droit, de la justice et de la dignité soit portée avec constance, et que le monde reste habitable.
La France y est attachée et sait que ces principes trouvent ici, en Tunisie, un écho profond.
Lucide sur la réalité de la guerre, la France ne s’y résigne pas. La France mène une diplomatie de la souveraineté fondée sur le respect de l’égalité des nations et de la recherche de la paix et de la sécurité pour tous. Nous avons reconnu la Palestine. Nous soutenons le Liban. Nous appuyons l’Ukraine dans son combat. La Tunisie est un pays qui a un sens aigu de la justice internationale et qui nourrit de fortes attentes, légitimes, de respect des droits du peuple palestinien, aujourd’hui bafoués. Ensemble il nous appartient d’œuvrer au respect du droit et de la justice internationale, de conjurer les maux du nationalisme, du racisme et du protectionnisme dont l’histoire a montré qu’ils mènent au pire. Ensemble, il nous revient, comme nous nous y sommes engagés en signant la charte des Nations unies, d’assurer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction. Les uns comme les autres nous devons protéger l’état de droit et garantir la sécurité juridique des personnes physiques et morales sans laquelle il ne peut y avoir de prospérité économique ni de sécurité pour tous.
Nous sommes à la fois autonomes et profondément dépendants les uns des autres, dans une toile d’interconnexions toujours plus complexes. Ce n’est pas une faiblesse mais la condition humaine et la dynamique de la modernité qui s’imposent à nous. Au moment où les équilibres se recomposent en profondeur à l’échelle de la planète, le repli sur soi va à l’encontre du développement économique et de la sécurité des nations. Les mouvements migratoires qui interrogent aujourd’hui nos sociétés, au Nord comme au Sud, s’ils sont régulés, encadrés et accompagnés peuvent apporter leur part de réponse aux mutations du temps. Nous pouvons et savons travailler ensemble à cette fin, en tirant le meilleur parti de notre proximité.
Monsieur le Ministre, chers invités,
Je voudrais, pour conclure, vous remercier et remercier tous nos partenaires tunisiens comme nos partenaires européens. Je suis reconnaissante aux équipes de l’Ambassade, de la résidence et de nos opérateurs qui, chaque jour, font vivre cette coopération, et à toutes celles et ceux qui rapprochent nos deux pays. Je voudrais particulièrement saluer le Consul général Dominique Mas et le COCAC Fabrice Rousseau qui repartiront vers la France cet été. Je voudrais aussi exprimer ma gratitude à nos sponsors – et en premier lieu la CCITF, Total Energies et la Banque UIB – dont la générosité rend cette célébration possible ainsi qu’aux entreprises qui travaillent de manière exemplaire à la rénovation de cette merveilleuse résidence.
Et je voudrais enfin vous dire simplement ceci : j’aime la Tunisie et souhaite pour elle et pour tous les Tunisiens ce qu’il y a de meilleur. L’amitié entre la France et la Tunisie ne se décrète pas. Elle se construit, chaque jour, par des actes.
Je vous souhaite à toutes et tous un très bon 14 juillet et une belle soirée, dans l’esprit fair-play du sport. La demi-finale de la Coupe du monde de football qui va commencer et les deux formidables équipes qui s’affrontent ne devrait pas manquer de nous offrir de beaux moments d’émotion.
Vive la Tunisie, vive la République et vive la France !
Vive l’amitié tuniso française
#MadameAnneGuéguen #AmbassadricedeFranceenTunisie

























































