Tunisie-Tribune (Football) – Dans le sillage des crises de gouvernance qui ont lourdement déstabilisé la Fédération tunisienne de football (FTF) ces derniers mois, c’est au tour de la Fédération algérienne de football (FAF) de traverser une tempête institutionnelle majeure. Suite au bilan sportif et organisationnel de la Coupe du Monde 2026, les révélations sur les coulisses de l’instance algérienne mettent en lumière des défaillances structurelles majeures, une crise financière larvée et le retour d’une intense guerre des clans.
1. Une fronde interne alimentée par la perte des privilèges
Alors que l’opinion publique s’interrogeait sur les responsabilités sportives de l’élimination, les tensions internes au sein du bureau fédéral de la FAF révèlent des motivations bien plus terre-à-terre. La fracture actuelle entre le président de la fédération et plusieurs membres de son comité — notamment le Secrétaire général — a été déclenchée par des arbitrages logistiques lors du Mondial.
En choisissant d’intégrer des cadres du ministère des Sports dans la délégation officielle au détriment de certains membres du bureau fédéral, la présidence a touché aux avantages et voyages de ces derniers. Cette mise à l’écart a brisé un statu-quo de longue date, déclenchant une vague de contestations internes et une multiplication de fuites d’informations confidentielles au sein de l’instance.
2. Le dossier Vladimir Petkovic : Une gestion contractuelle contestée
Pour occulter les difficultés structurelles, la direction de la FAF s’est focalisée sur l’avenir du sélectionneur national, Vladimir Petkovic. Le technicien suisse, dont les méthodes et la communication rigide avaient déjà créé un fossé avec une partie de son vestiaire, a vu son contrat prolongé et son salaire réévalué juste avant le tournoi mondial.
Cette décision, prise de manière isolée par la présidence alors que la rupture entre le coach et les cadres de l’équipe était consommée, s’avère aujourd’hui particulièrement coûteuse. La FAF tente désormais de négocier une séparation à l’amiable. Si une clause de rupture rapide de deux mois est avancée par la fédération, l’entourage du sélectionneur exige des indemnités bien supérieures, faisant planer le spectre d’un contentieux financier de plusieurs millions d’euros.
3. Crise de trésorerie et défauts de paiement systémiques
Malgré les injections financières massives de l’État algérien via le sponsoring public, la situation budgétaire de la FAF demeure extrêmement précaire :
- Sélections de jeunes et féminines négligées
- Dettes hôtelières et événementielles
- etc
4. Le parallèle avec les affaires tunisiennes : Quel avenir pour la gouvernance du football maghrébin ?
Ce « grand déballage » de la FAF présente de troublantes similitudes avec la crise vécue par la Fédération tunisienne de football (FTF). Dans les deux cas, l’absence de garde-fous institutionnels, la personnalisation excessive du pouvoir et l’utilisation des ressources fédérales à des fins d’influence personnelle ont fini par asphyxier les f instances.
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