- Athènes et Copenhague ont apporté un soutien explicite aux démarches onusiennes et au plan d’autonomie marocain
- Cette séquence européenne met en lumière l’évolution des équilibres diplomatiques sur ce dossier cinquantenaire
- Et ce, face à une position algérienne résolument attachée au droit à l’autodétermination
Tunisie-Tribune (Sahara occidental) – À l’issue d’entretiens bilatéraux avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le chef de la diplomatie danoise, Lars Løkke Rasmussen, puis son homologue grec, George Gerapetritis, ont exprimé leur adhésion aux paramètres de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies.
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Côté danois (Copenhague, 4 septembre) : Le Danemark a qualifié le plan marocain d’autonomie de « base sérieuse et crédible » pour parvenir à une issue politique mutuellement acceptable, tout en élargissant ses discussions avec Rabat aux domaines des investissements, de l’énergie et de la coopération judiciaire.
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Côté grec (Athènes, 7 septembre) : La Grèce, siégeant comme membre non permanent au Conseil de sécurité pour le mandat 2025-2026, a salué le cadre de la résolution 2797 et réitéré son alignement sur la ligne européenne en qualifiant l’initiative d’autonomie de solution réaliste sous égide onusienne.
Rappel historique : genèse d’un contentieux régional
Le différend prend racine en 1975 avec le retrait de la puissance coloniale espagnole (accords de Madrid) et l’organisation par le Maroc de la Marche verte pour réintégrer ce territoire. En réaction, le Front Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui créé en 1973, proclame en 1976 la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et engage un conflit armé.
Un cessez-le-feu parrainé par l’ONU en 1991 a instauré la MINURSO afin d’organiser un référendum d’autodétermination. Face aux désaccords persistants sur la composition du corps électoral, Rabat a présenté en 2007 un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, devenu l’axe central des résolutions du Conseil de sécurité plaidant pour un compromis politique pragmatique.
La position de l’Algérie : constance doctrinale et crispations diplomatiques
Face aux ralliements successifs de capitales européennes à la formule marocaine, la position d’Alger demeure inchangée :
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Principe d’autodétermination : Alger considère la question comme un problème de décolonisation inachevé, estimant que seul un référendum libre incluant l’option de l’indépendance est conforme à la légalité internationale.
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Rôle revendiqué : L’Algérie récuse son statut de « partie prenante directe » défendu par Rabat et réaffirme son rôle de pays voisin observateur et de soutien politique et humanitaire aux réfugiés des camps de Tindouf.
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Réactions diplomatiques : Alger dénonce régulièrement ce qu’elle qualifie d’érosion des résolutions originelles de l’ONU, rappelant que la stabilité du Maghreb exige une solution agréée par l’ensemble des parties sans contourner le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Les pays limitrophes : la neutralité mauritanienne
Au sud, la Mauritanie — qui s’était retirée du conflit dès 1979 en signant un accord de paix avec le Polisario — observe une stricte « neutralité positive ». Nouakchott maintient des relations d’équilibre avec l’ensemble des protagonistes (Maroc, Algérie, Front Polisario), soucieuse d’éviter tout débordement sécuritaire sur sa frontière septentrionale.
L’adhésion d’Athènes et de Copenhague à la dynamique de la résolution 2797 illustre le pragmatisme croissant des capitales européennes en faveur du compromis politique, tout en laissant subsister la fracture fondamentale entre la vision d’une souveraineté partagée sous statut d’autonomie et l’exigence d’un vote d’autodétermination.

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