Tunisie-Tribune (Grève dans le secteur des carburants) – Le dossier de la grève des travailleurs du transport de carburant prévue les 23 et 24 septembre, porté par la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, fait toujours du surplace. Le ministère des Affaires sociales n’a en effet pas encore convoqué de réunion de conciliation, malgré les efforts fournis par les ministères des Finances et de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines qui ont travaillé sur le dossier.
Selouane Samiri, secrétaire général adjoint de l’UGTT et ancien secrétaire général de la Fédération générale du pétrole (connaissant parfaitement tous les détails du dossier des travailleurs des hydrocarbures), a appelé le ministère des Affaires sociales à agir pour signer un procès-verbal de conciliation. Cela passe par l’invitation du patronat à une réunion avec le partenaire social afin de régler le dossier et de garantir une couverture sociale aux travailleurs du transport de carburant.
Il est paradoxal, selon lui, que les transporteurs de matières dangereuses ne bénéficient d’aucune garantie sociale, bien que les employeurs retiennent de leurs salaires la part de cotisation à la caisse de sécurité sociale sans toutefois la verser à leur profit.
Selouane Samiri a révélé que le partenaire social est prêt à s’asseoir à la table des négociations avec le patronat, d’autant plus que les ministères des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et des Mines ont planché sur le sujet.
Les sociétés de distribution de carburant ont invoqué une incapacité à régler les cotisations de sécurité sociale pour les employés. Or, ces entreprises ont bénéficié, dès le début du mois en cours, d’une nouvelle augmentation de leur marge commerciale. Celle-ci été versée, sans que le dossier ne soit pour autant résolu.
Il convient de noter que cette dernière augmentation de la marge bénéficiaire accordée au patronat n’est pas la première du genre ; à chaque fois, ils obtiennent une revalorisation en vain. Il incombe désormais aux propriétaires des sociétés de distribution de transférer une partie de cette augmentation aux entreprises de transport de carburant afin de résoudre le problème de la couverture sociale des employés.
Par ailleurs, la question de la prime convenue depuis le 2 mai 2019 reste suspendu et décaissé. C’est précisément sur ce point que la réunion était censée aboutir à la signature d’un accord.
Enfin, la Fédération générale du pétrole avait publié le 18 septembre un communiqué concernant la situation des travailleurs du transport de carburant, rappelant la grève et l’absence de concertation pour résoudre le problème, ce qui laisse entrevoir que certaines parties (non syndicales) poussent à la grève.
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