Suite à la délocalisation annoncée de l’avionneur canadien « Bombardier » d’IIrlande et du Maroc, qu’en sera-t-il des emplois locaux ?

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Bombardier quitte le sol marocain, mais le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy (MHE) rassure quant à l’avenir du site de Bombardier à Casablanca

Tunisie-Tribune (Bombardier délocalise du Maroc !) – Suite à l’annonce du retrait du canadien Bombardier du marché marocain, la question s’impose d’elle-même. Qu’en est-il des emplois de l’usine de Casablanca et des engagements signés avec le Maroc. Voici la réponse du ministre MHE.

Lors d’un point de presse, lundi à Casablanca, le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy (MHE), a tenu à rassurer quant à l’avenir du site de Bombardier à Casablanca, justifiant le «retrait» de l’industriel canadien du marché marocain par un souci de repositionnement stratégique.

Le groupe Bombardier, qui connaît de graves difficultés financières a annoncé, jeudi dernier, la mise en vente de ses activités aéronautiques à Belfast en Irlande du Nord, ainsi qu’à Casablanca. Comme révélé par Le360, le ministre de tutelle confirme que trois mastodontes de l’industrie mondial sont intéressés par la reprise de l’usine de Casablanca, à savoir l’américain Spirit (proche de Boeing), le britannique GKN et Airbus.

On se veut rassurant et confiant à Casa

Selon Moulay Hafid Elalamy (MHE) :« Bombardier a pris la décision de devenir intégrateur de sous-ensembles, à l’image d’Airbus et de Boeing. Ce dernier sous-traite jusqu’à 60% de ses besoins en équipements »

«Bombardier a lancé un appel d’offres regroupant les deux usines de Casablanca et de Belfast. Les résultats seront connus dans trois semaines».

Les deux usines continueront à alimenter les usines de Bombardier en Amérique du Nord. Seul l’actionnaire va changer: l’industriel canadien cédera la place à l’un de ses sous-traitants : «Certains sous-traitants sont plus importants que Bombardier», souligne MHE, en citant l’exemple d’Airbus et de Spirit qui font partie des candidats à la reprise du site de Casablanca.

Dans cette opération, le Maroc est gagnant. Non seulement il garde ce qu’il a, mais de nouveaux développements sont prévus sur le site casablancais de Bombardier, déjà en cours d’extension (il sera ouvert au printemps prochain). «Le repreneur se verra confier par Bombardier un contrat de fabrication de nacelles pour moteurs d’avions», annonce MHE.

«C’est une véritable chance pour le Maroc», renchérit de son côté Benbrahim El Andaloussi, représentant du Groupement des industries marocaines d’aéronautique et spatiales (GIMAS). Ce dernier rappelle que depuis 20 ans, aucune société œuvrant dans le secteur aéronautique n’a quitté le Maroc.

Le marché maricain affiche un taux de croissance annuel moyen de 17%, contre une croissance mondiale de seulement 5%

Le départ de Bombardier n’entachera en rien l’attractivité du marché marocain qui, aux yeux, d’El Andaloussi, demeure une base compétitive des investissements aéronautiques aux portes de l’Europe (le marché affiche un taux de croissance annuel moyen de 17%, contre une croissance mondiale de seulement 5%). Le secteur de l’industrie aéronautique compte aujourd’hui 140 équipementiers avec un taux d’intégration locale de 34%, un niveau qui dépasse les objectifs du Plan d’accélération industrielle, selon MHE.

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Le ministre de tutelle tient à rassurer que les 400 emplois engagés par Bombardier à Casablanca seront conservés auxquelles s’ajouteront d’autres mais avec un niveau de qualification élevé au regard de la nature des nouveaux projets qui seront développés par le sous-traitant repreneur.

Enfin s’agissant des engagements non encore accomplis et signés par Bombardier avec l’Etat marocain, MHE rassure que non seulement l’acquéreur sera informé de l’ensemble des engagements, mais en plus, le contrat signé avec Bombardier stipule que ce dernier «ne peut disparaître que lorsqu’il sera substitué par quelqu’un d’autre qui sera accepté par l’Etat marocain. «Les engagements resteront entre les mains de Bombardier sauf si le Maroc souhaite les transférer au repreneur», précise MHE.

Par Wadie El Mouden et Abdelouahed Bourhim -360

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