Présidentielle américaine Trump vs Biden : c’est le jour J aux États-Unis – Qui sera le vainqueur ce soir ?

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Tunisie-Tribune (Présidentielle américaine) – Rodeo Drive, la célèbre avenue aux boutiques chics de Los Angeles, va être fermée aujourd’hui. La 5e Avenue à New York reste ouverte aux passants, mais les magasins se sont claque murés derrière des panneaux en contreplaqué. Idem à Washington, où la moitié de la ville est barricadée comme si elle se préparait à un ouragan. La Maison-Blanche et tout le square Lafayette sont à peine visibles derrière une palissade. Des centaines de membres de la Garde nationale sont mobilisés. Et l’ambassadeur de Nouvelle-Zélande a envoyé une note à son équipe, lui rappelant de faire des stocks de nourriture pour quatorze jours. Tout le monde craint des émeutes et les commentateurs comparent l’Amérique à une république bananière.

Ce n’est pas seulement de la paranoïa. Ces derniers jours, des véhicules décorés de pancartes pro-Trump ont bloqué une autoroute dans le New Jersey, État démocrate. Et au Texas, une caravane trumpiste d’une centaine de voitures a entouré un bus de supporteurs de Joe Biden en route vers un meeting, dans un acte clair d’intimidation.

S’achève aujourd’hui une des campagnes les plus extraordinaires de l’histoire américaine. Près de 100 millions d’Américains ont déjà voté, soit 71 % du nombre total de suffrages de 2016. Si les électeurs continuent à affluer, le taux de participation pourrait atteindre 65 %, un chiffre inégalé depuis 1908.

Et ce n’est pas le seul record. Le coût total des diverses campagnes – les scrutins à la Chambre, au Sénat, à la présidence – est estimé à la somme astronomique de 14 milliards de dollars, le double de 2016, selon les projections du Center for Responsive Politics. Joe Biden est le premier candidat de l’histoire à avoir levé plus d’un milliard de dollars.

Deux campagnes aux antipodes

Jusqu’au bout, Joe Biden et Donald Trump auront mené une campagne totalement différente. Malgré la pandémie et plus de 230 000 morts, le président a recommencé ses meetings électoraux cet été devant d’énormes foules non masquées. Et le fait d’avoir lui-même attrapé le virus ne l’a pas freiné. Ces derniers jours, il a enchaîné les meetings à un rythme frénétique. Lundi, il en a tenu cinq dans quatre États. Il lui faut absolument mobiliser sa base. Il n’a pas oublié que sa victoire en 2016 s’est jouée à un cheveu dans le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie.

Joe Biden, après une campagne totalement virtuelle, a repris tardivement les déplacements. Mais il en a fait beaucoup moins que son rival et seulement en petit comité. D’où le surnom de Joe l’endormi que lui a collé Donald Trump. Cette approche prudente visait à offrir un contraste avec un président qui n’a pas respecté l’avis de ses experts et les consignes sanitaires. Pour toucher les électeurs, Joe Biden a préféré s’appuyer sur une offensive publicitaire à la télé et sur Internet. Ces dernières semaines, il a un peu intensifié ses visites dans les États clés pour mobiliser notamment les électeurs noirs, parmi ses gros soutiens. Hier, il a fait plusieurs meetings en Pennsylvanie, sans doute l’État le plus crucial cette année. Mais son message est resté le même : cette élection est « une bataille pour l’âme de notre nation », a-t-il répété tout en se focalisant sur la pandémie et la gestion calamiteuse du président.

Curieusement, en dépit des crises et scandales multiples, les sondages sont restés relativement stables ces derniers mois. Au niveau national, ils donnent tous Joe Biden en tête, avec une moyenne de 8,4 points d’avance sur son rival, selon le site FiveThirtyEight.com. Les démocrates restent cependant très nerveux. En 2016, à la veille des élections, Hillary Clinton était aussi en tête avec une moyenne de 2,9 points dans les sondages. Certes l’avance de Biden est supérieure et les sondeurs ont corrigé, depuis, leurs modèles. Mais dans les États clés comme la Floride, la Caroline du Nord et l’Arizona, les deux candidats sont au coude à coude. Et en Pennsylvanie, l’avance de Joe Biden s’est réduite depuis un mois.

Une chose est sûre : la nuit des élections ne va probablement pas ressembler à celle de 2016. D’abord, parce que si le scrutin est serré, on risque de ne pas avoir les résultats. Les Américains ont voté en masse par correspondance et ce type de bulletin exige plus de temps pour être enregistré. Ensuite, dans plusieurs États comme la Pennsylvanie, les bulletins postés avant les élections ont jusqu’au 6 novembre pour arriver et être comptabilisés.

Un « mirage bleu »

Le plus inquiétant, c’est que les premiers résultats risquent de donner une idée fausse du vainqueur. Ce que les experts appellent le « mirage bleu » (la couleur des démocrates). En Floride et en Arizona par exemple, où le dépouillement des bulletins par courrier s’est fait à l’avance, il est possible que tôt dans la soirée, on annonce un nombre écrasant de voix en faveur de Joe Biden, puisque les démocrates ont voté majoritairement par correspondance. Mais une fois tous les suffrages comptés, le vainqueur sera peut-être Donald Trump.

Inversement, les républicains, sur les conseils du président, qui leur rebat les oreilles avec les dangers du vote par courrier, vont privilégier le vote en personne aux bureaux de vote. En Pennsylvanie ou dans le Wisconsin, les premiers résultats risquent donc de montrer un raz de marée conservateur, en d’autres termes un « mirage rouge », car les bulletins par correspondance ne seront dépouillés que tardivement.

Est-ce que Donald Trump va alors se déclarer vainqueur sans attendre le décompte total ? C’est possible. D’après le site Axios, il affirme à ses proches que c’est son intention. Le président n’a cessé de répéter qu’il était « inapproprié » de compter les dizaines de millions de votes envoyés par correspondance. « Je ne pense pas que ce soit juste que nous ayons à attendre un long moment après les élections », a-t-il dit aux journalistes en Caroline du Nord.

Les deux candidats ont mobilisé une armada d’avocats, 8 500 rien que chez les républicains, prêts à lancer toutes sortes de recours en justice. Ils ont déjà commencé avant le 3 novembre. Ils ont essayé par exemple à Houston de faire invalider, sans succès, 127 000 bulletins, déposés dans des bureaux de vote drive-in, qu’ils estimaient illégaux.

De quoi susciter un stress intense chez les électeurs. Le très sérieux magazine The Atlantic titrait hier matin : « Comment ne pas devenir dingue en attendant les résultats ? ». La folie menace de s’emparer de l’Amérique.

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