L’accès au marché, au coeur de la démarche du projet Pampat

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Tunisie-Tribune (projet Pampat) – La première phase du projet PAMPAT (Projet d’accès aux marchés des produits agroalimentaires et de terroir en Tunisie) a connu une réussite qui a dépassé les objectifs assignés et les frontières. La coordinatrice du projet, Nuria Ackermann ne manque pas de rappeler à ce propos que : « La première phase du PAMPAT, qui s’est étalée sur la période 2013 à 2019, nous a permis de concrétiser les objectifs fixés, à savoir l’obtention de l’Appellation d’origine contrôlée pour la figue de Djebba, la mise en place d’un label qualité, Food Quality Label, pour la harissa tunisienne, ainsi que la contribution au développement du secteur de la transformation des figues de barbarie. Sans oublier l’instauration du Concours tunisien des produits du terroir, inspiré du modèle suisse et qui a vu le jour en 2017 ».

Le PAMPAT II, qui a démarré en 2020 et se poursuivra jusqu’à 2024 , tout comme son aîné, sera financé par le Secrétariat d’Etat à l’Économie Suisse (SECO) et mis en œuvre en Tunisie par l’Organisation des Nations-Unies pour le développement de l’industrie (ONUDI) en étroite collaboration avec le ministère de l’Industrie, le ministère de l’Agriculture, l’agence de promotion des investissements agricoles (APIA), le Centre de promotion des exportations (CEPEX), le Groupement des industries de conserves alimentaires (GICA), le Groupement interprofessionnel des dattes (GIDATTES) et le Groupement interprofessionnel des fruits (GIFRUITS). Le projet collabore également de façon étroite avec le programme de promotion des exportations SIPPO qui est également financé par le SECO pour appuyer l’accès aux marchés des produits tunisiens agroalimentaires et des ingrédients naturels.

Nuria Ackermann nous dévoile les grandes lignes de cette deuxième phase : « Le PAMPAT II sera axé sur la reconnaissance et l’institutionnalisation du sous-secteur tunisien des produits agroalimentaires de terroir afin de garantir la durabilité des résultats obtenus au cours de la phase I. Par ailleurs, un appui pour que le concours national des produits du terroir puisse être répliqué dans d’autres pays en vue de renforcer le réseau international des concours des produits du terroir sera également assuré. En parallèle, les institutions tunisiennes recevront un appui pour développer une stratégie nationale des produits du terroir et pour la mettre en œuvre dans deux régions pilote de la Tunisie. Le PAMPAT II fournira également un appui pour améliorer la performance d’un certain nombre de chaînes de valeur des produits de terroir en Tunisie, notamment la filière figue de barbarie (soutenue déjà pendant le PAMPAT I), les dérivés des dattes, les grenades et les tomates séchées. Ces filières offrent des perspectives prometteuses en termes de création de la valeur ajoutée, d’accès aux marchés et de génération d’emplois dans les régions. »

A cet effet, une étude a été menée en vue d’identifier des marchés cibles pour les différentes filières. Pour la filière des grenades tunisiennes, le choix de cibler ce fruit n’est pas fortuit dans la mesure où : « La Tunisie se classe parmi le Top 10 mondial dans la production mondiale de grenades, avec des qualités supérieures en prime », souligne Walid Ben Moussa, responsable du secteur agricole et des industries agroalimentaires au CEPEX. Un rang qui n’est toutefois pas mis à profit malgré une progression constante des chiffres de la filière et ce, en raison de certains manques et entraves qui handicapent la fructification de cette véritable aubaine dont nous a gratifié dame nature.

« La production de grenades en Tunisie est estimée à 100 000 Tonnes en 2020. Une grande partie de la production est réalisée par les régions de Gabès, Kairouan et Béja. Cependant, le chiffre des exportations a chuté de manière considérable, avec seulement 2 327 tonnes exportées en 2020, pour une recette de 4,8 millions de dinars, contre 8000 tonnes exportées en 2019 et ayant générées 15 millions de dinars, » explique le responsable du CEPEX.

Walid Ben Moussa justifie ce déclin par : « D’une part la pandémie de la Covid-19 qui a affecté, non seulement l’économie tunisienne dans son ensemble, mais surtout le commerce mondial. Ajouté à cela la situation en Libye, pays qui représente à lui seul 90% des exportations de la production nationale de grenades. Par ailleurs, la filière souffre de l’absence d’une stratégie ciblée de promotion des exportations et d’un manque de communication autour des vertus du fruit. A ce titre, je tiens à mettre en exergue le rôle joué par le PAMPAT qui a mis tout son poids pour pallier aux insuffisances, et pas seulement en faveur de la grenade, mais pour le secteur agricole et toute l’agro-industrie tunisienne. » rajoute Walid Ben Moussa

En effet, le projet PAMPAT a lancé, en partenariat avec tous ses collaborateurs, une étude sectorielle à la lumière de l’importance de l’offre dont dispose la Tunisie et de l’intérêt mondial croissant pour la grenade. Un constat confirmé par Nuria Ackermann : « La Tunisie possède plus de 14 000 hectares de grenadiers cultivés, avec de nouvelles plantations qui sont entrain d’être installées chaque année. En même temps on constate une hausse continue de la demande mondiale de grenades tant ce fruit présent des atouts pour la santé vu sa richesse en antioxydant, en vitamines et en oligo-éléments  ».

Autant dire que les opportunités à l’international ne manquent pas comme l’atteste la responsable du PAMPAT : « Les opportunités offertes par le marché international sont très intéressantes, mais la Tunisie n’exporte que 10% de sa production totale. Partant de ce constat, nous avons effectué un travail participatif avec l’ensemble des intervenants, à travers des ateliers organisés dans différentes régions du pays, ce qui nous a permis d’identifier les défis et opportunités de la filière par rapport aux attentes des opérateurs du secteur. Grâce à ces ateliers, nous avons élaboré un plan d’action participatif pour les prochaines années ».

Le PAMPAT ne s’est pas limité à cette première phase puisqu’une autre mission a été menée en parallèle : « Nous avons en plus essayé comprendre les tendances du marché en réalisant une étude sur trois produits porteurs : la grenade fraîche, le sirop de grenade et le jus de grenade. Nous avons ainsi identifié cinq marchés intéressants, la France, l’Italie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Russie, vers lesquels nous pouvant exporter pour peu que nous soyons conformes aux exigences de qualité et en développant une approche stratégique pour accéder aux marchés cibles » conclut la responsable du PAMPAT.

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