Tunisie-Tribune (Darfour)- Après une semaine sur les routes dévastées du Darfour, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, a dressé lundi un tableau d’une extrême noirceur. Cette région de l’ouest du Soudan serait devenue selon lui « l’épicentre mondial de la souffrance humaine ». Depuis le Tchad, où il se remet d’une visite éprouvante, le Britannique décrit un pays englouti par les violences et la famine, où les entraves à l’aide laissent des centaines de milliers de civils sans refuge ni recours.
La visioconférence avait des allures d’exorcisme. Devant les journalistes rassemblés au siège de l’ONU à New York, M. Fletcher, les traits tirés, raconte son expérience au Darfour. La nuit passée à Golo en compagnie d’agents humanitaires locaux endeuillés, les abris improvisés de Tawila, les files de survivants à Korma, les checkpoints où « des enfants, et non des hommes », tiennent les armes, les survivants dépouillés à chaque passage, parfois battus ou mutilés. Et surtout El Fasher, la capitale du Darfour du Nord, tombée le 27 octobre, après plus de 500 jours de siège, entre les mains des Forces de soutien rapide (FSR).





























































