Tunisair : Redressement opérationnel confirmé au 1er semestre, mais l’envolée du kérosène pèse lourd

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Tunisie-Tribune (Confirmation du Redressement de Tunisair) – Portée par une hausse de sa fréquentation et une nette amélioration de sa ponctualité, la compagnie nationale Tunisair enregistre un chiffre d’affaires de 724,7 millions de dinars au premier semestre. Toutefois, le choc énergétique mondial et le fardeau de la dette continuent de tempérer ce redressement.

Les indicateurs d’activité publiés par la compagnie nationale Tunisair pour le 2ᵉ trimestre et le 1er semestre dressent le bilan d’une entreprise en pleine mutation opérationnelle, mais confrontée à un environnement macroéconomique et géopolitique particulièrement tendu.

1. Activité commerciale : Gain de parts de marché et dynamique Fret

Au cours des six premiers mois de l’année, le transporteur national a franchi la barre des 1,20 million de passagers (1 196 899 passagers), marquant une progression de +3,5% par rapport à la même période l’an dernier.

  • Revenus Transport Passagers : Ils atteignent 724,7 millions de dinars (MD), en hausse de +2,2%, maintenant une recette moyenne stable autour de 605 dinars par passager.
  • Renforcement concurrentiel : La part de marché globale de Tunisair grimpe à 22,3% sur l’ensemble du semestre (contre 21,8% un an plus tôt).
  • Performance du Fret : L’activité cargo confirme sa vitalité avec 3 245 tonnes de marchandises transportées, soit une augmentation remarquable de +23%.

2. Révolution opérationnelle : Ponctualité retrouvée et maîtrise des coûts d’affrètement

Sur le plan de l’exploitation, la compagnie récolte les fruits de sa stratégie de rationalisation de la flotte (s’appuyant sur un réseau de 19 appareils exploités) :

  • Un bond de ponctualité : Le taux de ponctualité s’établit à 47% sur le semestre (+5 points), avec un pic très net à 54% au deuxième trimestre (contre 39% au T2 précédent).
  • Meilleure productivité avion : L’utilisation moyenne de la flotte s’élève à 9,42 heures par jour et par appareil, soit un gain de rendement de +25,6%.
  • Chute des affrètements : Grâce à une meilleure disponibilité et rentabilisation de ses propres moyens, Tunisair a réduit ses dépenses d’affrètement d’avions de -46,5% sur le semestre.

3. Vent de face : Turbulences géopolitiques et flambée pétrolière

Si le redressement interne est indéniable, l’environnement externe a sérieusement pesé sur les marges au deuxième trimestre (avril-juin) :

  • Impact géopolitique : Le déclenchement de tensions armées dans la région du Golfe a perturbé le trafic aérien international, entraînant un léger repli de 1% du nombre de passagers sur le T2 (656 248 passagers).
  • Explosion du poste Carburant : C’est le choc financier majeur du trimestre : la facture carburant s’est envolée de +93% au T2 (164 MD contre 85 MD), tirant la facture pétrolière semestrielle à 242 MD (+46,7%). Cette hausse spectaculaire résulte de la conjonction entre la hausse du brut (Brent) et l’écart exceptionnel (crack spread) sur le prix du Jet A-1.
  • Lourdeur de la dette : L’endettement global s’est alourdi de +22,5% pour s’établir à 728 MD, sous l’effet des emprunts bancaires contractés pour financer les programmes de maintenance lourde de la flotte et le besoin en fonds de roulement.

L’Analyse de Tunisie-Tribune

L’avis de la rédaction : Tunisair démontre une capacité avérée à assainir sa gestion interne, à mieux faire voler ses avions et à fidéliser sa clientèle. Toutefois, la vulnérabilité de la compagnie face aux chocs externes (cours du kérosène, crises géopolitiques) rappelle l’urgence d’une restructuration financière plus profonde pour consolider durablement son plan de vol… En un mot, l’État doit mettre la main à la poche.

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