Tunisie-Tribune (Africa Forward) – Pour la toute première fois, le traditionnel rendez-vous entre la France et le continent africain s’apprête à franchir une frontière symbolique et linguistique. En mai prochain, c’est à Nairobi, au Kenya, que se tiendra le sommet « Africa Forward ». Un choix qui marque une rupture avec les habitudes géographiques de la zone francophone pour embrasser une Afrique anglophone dynamique et innovante. Un évènement qui a déjà été annoncé par SE Anne Guéguen, Ambassadrice de France en Tunisie. Lors d’un point de presse.
Le sujet, récemment a donc été mis en lumière et en détails par notre confrère Wassim Bel Arbi sur les ondes d’Express-FM. Cela a été l’occasion d’un échange approfondi avec Jérémie Pellet, Directeur général d’Expertise France. Cet entretien souligne une mutation profonde de la diplomatie économique française à l’approche de cet événement majeur.
Un rendez-vous fixé aux 11 et 12 mai 2026
Sortir de la « zone de confort » francophon
Le choix du Kenya pour accueillir ce sommet est loin d’être anodin. En s’installant à Nairobi, véritable hub technologique et économique de l’Afrique de l’Est, la France envoie un signal fort : elle souhaite diversifier ses partenariats au-delà de ses sphères d’influence historiques. Le Kenya, pays anglophone et moteur de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), offre un terrain fertile pour des collaborations dans des secteurs de pointe.
L’innovation et le secteur privé au cœur des débats
Sous l’impulsion d’Expertise France, l’événement se concentrera sur l’innovation et la croissance partagée. Comme l’a précisé Jérémie Pellet lors de son intervention, une place prépondérante sera accordée au secteur privé et à la société civile. L’objectif est de favoriser les collaborations concrètes dans des domaines tels que la tech, les énergies renouvelables, la santé et l’agro-industrie.
Le rôle de l’agence de coopération technique internationale est ici crucial : elle travaille en amont pour structurer des projets qui répondent aux réalités locales tout en créant des ponts avec le savoir-faire français et européen.
Quels enjeux pour la Tunisie et la région ?
Pour les acteurs économiques maghrébins, et tunisiens en particulier, ce sommet à Nairobi est une invitation à regarder vers de nouveaux horizons. La présence renforcée de la France dans une économie comme celle du Kenya pourrait ouvrir des voies de coopération triangulaire. La Tunisie, forte de son expertise dans les services et le numérique, a tout intérêt à suivre de près ces nouvelles dynamiques qui redéfinissent les flux d’affaires sur le continent.
En mai prochain, Nairobi ne sera pas seulement la capitale du Kenya, mais le centre névralgique d’une relation Afrique-France renouvelée, plus pragmatique et résolument tournée vers l’avenir.



























































