Fitch Ratings prévoit des perspectives négatives pour le secteur bancaire tunisien

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Tunisie-Tribune (Fitch Ratings) – Le Bureau de Londres de la maison de notation souveraine internationale, Fitch Ratings a publié hier lundi 21 juin 2021 un rapport se rapportant à l’évaluation de l’activité des banques tunisiennes en particulier au niveau court terme.

Selon Fitch, la qualité du crédit du secteur bancaire tunisien est susceptible de s’affaiblir davantage en 2021. La maison de notation a expliqué son constat par l’environnement opérationnel des banques qui est jugé difficile dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Fitch maintient sa perspective négative sur le secteur.

La maison de notation internationale indique qu’elle s’attend à ce que la détérioration sous-jacente de la qualité des actifs devienne de plus en plus visible dans les indicateurs publiés notamment avec la fin du report des prêts à la fin du mois de septembre prochain.

Elle souligne également dans son rapport que certaines mesures accommandantes décrétées par les banques au profit des opérateurs économiques cesseront à la fin de 2021.

De plus, selon l’agence, le passage à la norme de prudence en matière d’évaluation des actifs financiers « IFRS 9 » à partir de la fin de l’exercice 2021, est susceptible d’affaiblir les indicateurs de qualité des actifs bancaires ce qui induira un provisionnement supplémentaire pour refléter l’utilisation de données prospectives. Cependant, les banques peuvent être autorisées à introduire progressivement l’impact sur le capital des provisions supplémentaires au fil du temps, d’après Fitch.

L’agence affirme, entre autres, que son évaluation de la qualité des actifs des banques tunisiennes rend compte de leur forte exposition au risque de la dette de l’Etat considéré comme affaibli (« B »/Négatif) par le biais de détentions de titres publics et de prêts directs à l’État.

Elle estime que l’exposition des banques au risque de crédit de l’Etat représentait environ 15 % des actifs du secteur à fin novembre 2020, ce qui est important. En outre, les banques sont fortement exposées aux créances des entreprises publiques, elles même, affaiblies.

Les charges de dépréciation des prêts douteux ont augmenté, d’après le rapport de Fitch de manière significative en 2020 en raison de la déficience des conditions de crédit et des nouvelles règles restrictives pour le calcul des provisions. Un provisionnement plus élevé a considérablement réduit la rentabilité, le rendement des capitaux propres des plus grandes banques tombant à 9,6 % (2019 : 16,1 %).

Le rapport prévoit que la rentabilité restera faible en 2021 en raison des taux d’intérêt bas, d’une activité commerciale molle et d’une reprise retardée dans le secteur vital du tourisme.

Les charges induites par les créances douteuses devraient rester élevés compte tenu de la gravité des risques liés à la qualité des actifs, qui pèseront également sur la rentabilité.

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