La croissance chinoise en chute libre… Flambée des prix, Coupures d’électricité et déboires du géant Evergrande…

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  • La deuxième économie mondiale décélère nettement.
  • Le PIB a crû de 4,9 % cet été sur un an, son rythme le plus faible depuis la reprise post-Covid.
  • Flambée des coûts des matières premières,
  • Des coupures d’électricité monstres forcent les usines à l’arrêt
  • Les déboires du géant de l’immobilier Evergrande pèsent sur la croissance du géant asiatique et menacent la reprise mondiale.

Tunisie-Tribune (La croissance chinoise en chute libre) – L’économie chinoise traverse une période de turbulences. Après être sortie vite et fort de la crise liée au Covid-19, la deuxième puissance économique mondiale décélère nettement et plus rapidement qu’anticipé par les analystes.

Le PIB de la Chine a progressé de 4,9 % au troisième trimestre sur un an, selon les données – toujours sujettes à caution – publiées ce lundi matin à Pékin. Son rythme le plus faible depuis le rebond post-Covid19.

Surtout, par rapport au trimestre précédent, la croissance chinoise est quasi nulle, progressant de 0,2 %, soit le deuxième trimestre le plus faible jamais enregistré depuis 2010 au moins, relève Capital Economics. « Les incertitudes liées à la conjoncture mondiale s’accentuent, tandis que la reprise intérieure reste instable et inégale », a commenté l’office chinois des statistiques.

Le géant asiatique fait face à une série de chocs, certains ponctuels, d’autres plus durables ; certains délibérés, d’autres subis. Du côté de la demande, la consommation des ménages est restée faible, entravée par une résurgence (ciblée et limitée) de l’épidémie et la menace du variant Delta qui ont fortement perturbé les déplacements et le tourisme cet été. La population chinoise reste très prudente : pour preuve, les dépenses touristiques durant la « golden week » d’octobre étaient encore 40 % inférieures à leur niveau de 2019, avant l’épidémie.

Du côté de l’offre, les exportations sont demeurées vigoureuses. Mais le vif rebond de l’industrie chinoise, qui avait caractérisé la sortie de crise du pays, se grippe. Les usines font face à diverses contraintes d’approvisionnement : outre les pénuries de composants et la flambée des coûts des matières premières, « l’atelier du monde » est confronté à des coupures d’électricité massives, liées principalement à une pénurie de charbon.

Le phénomène s’est étendu ces dernières semaines, contraignant certaines industries à arrêter ou réduire leur production dans une vingtaine de provinces. Si Pékin a donné l’ordre d’accélérer les importations de charbon, de rouvrir certaines mines et d’augmenter les prix, les centrales thermiques continuent de tourner au ralenti.

Déboires d’Evergrande

A cela se sont ajoutées les difficultés de l’immobilier. Les mises en chantier et les ventes de logement neuf ont baissé ces dernières semaines, liées au resserrement du crédit et aux déboires du promoteur  , dont l’éventuelle faillite mine la confiance des acheteurs potentiels.

Ce secteur est traditionnellement l’une des locomotives de l’économie chinoise, comptant pour 15 % du PIB et même environ 30 % en tenant compte de ses effets d’entraînements (construction, ameublement, etc.). Si l’immobilier a joué un rôle clé pour la reprise post-pandémie, Pékin a décidé, il y a un an, de redonner la priorité au désendettement, limitant les investissements des collectivités locales, renforçant les conditions de crédit octroyées par les banques et imposant aux promoteurs des « lignes rouges » en matière de ratios financiers.

Pas de « moment Lehman »

Ces nouvelles menaces ont conduit de nombreux économistes à revoir leurs prévisions de croissance pour 2021 et 2022. « Même si nous ne nous attendons pas à ce que les problèmes d’Evergrande déclenchent un ‘moment Lehman’, le ralentissement imminent de l’immobilier continuera de peser considérablement sur la croissance dans les mois à venir, tandis que la prudence persistante liée au Covid-19 devrait continuer à freiner la consommation », estime Louis Kuijs, chez Oxford Economics.

« Pour l’instant, le choc de l’aggravation de la baisse de l’immobilier est atténué par de très fortes exportations. Mais au cours de l’année à venir, la demande étrangère devrait retomber à mesure que les modes de consommation mondiale se normaliseront à la sortie de la pandémie », prévient Julian Evans-Pritchard, chez Capital Economics. Comme Pékin atteindra sans nul doute son modeste objectif de croissance « de plus de 6 % » cette année, les autorités pourraient ne pas être pressées d’injecter des mesures de relance.

Frédéric Schaeffer / LesEchos

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