Présidentielle Française : Macron à la baisse, Le Pen en dynamique, et ce, à 48 heures du premier tour

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  • Quelles sont les intentions de vote à la présidentielle 2022 pour les premier et second tours ?
  • Quel est l’intérêt pour la campagne électorale ?
  • Quels sont les enjeux jugés prioritaires ?
  • Ci-après, le décryptage du baromètre « OpinionWay – Kéa Partners » pour « Les Echos » et Radio Classique,

Tunisie-Tribune (Présidentielle Française) – Quelles sont les intentions de vote à la présidentielle 2022 pour les premier et second tours ? Quel est l’intérêt pour la campagne électorale ? Quels sont les enjeux jugés prioritaires ? Avec des indicateurs récurrents, mais aussi des questions d’actualité, le baromètre OpinionWay – Kéa Partners pour « Les Echos » et Radio Classique,

En 2017, lors du premier tour de l’élection présidentielle, 77,8 % des Français inscrits sur les listes électorales se sont déplacés pour aller voter. Cette année, l’abstention devrait être plus élevée : l’indice de participation est, ce vendredi, estimé à 71 %.

Moins de deux jeunes sur trois âgés de moins de 35 ans (58 %) comptent aller voter dimanche, choix qui pourrait notamment porter préjudice à Jean-Luc Mélenchon dont un tiers de l’électorat est composé de jeunes dans cette tranche d’âge (34 %). Les électeurs d’Emmanuel Macron sont les plus nombreux à faire part de leur intention d’aller voter (81 %), suivis de près par ceux d’Eric Zemmour (79 %).

La crainte d’une abstention record après une étrange campagne

Pour ceux qui voteront, la décision n’est pas complètement arrêtée. La certitude du choix a faiblement progressé au cours de la dernière ligne droite (62 %, +1 point) et n’a que peu évolué depuis le début de l’année (autour de 50 % de janvier à mi-février). A titre d’exemple, en 2017 cet indicateur s’était envolé la dernière semaine pour atteindre 70 % à la veille du premier tour.

Les électorats les plus sûrs de leur choix sont ceux d’Emmanuel Macron (72 %) et de Marine Le Pen (70 %). A l’inverse, ceux de Yannick Jadot (42 %) et Valérie Pécresse (53 %) demeurent moins certains de leur choix.

Les jeunes électeurs âgés de moins de 35 ans se montrent les plus dubitatifs : seuls 51 % sont certains de leur choix (contre 65 % de leurs aînés).

· Une campagne qui, jusqu’au dernier jour, aura peiné à intéresser les Français

L’intérêt pour la campagne ne décolle toujours pas cette semaine (67 %). Cet indicateur a, toutefois, progressé d’une vingtaine de points depuis le début du baromètre (46 % en septembre).

Ce manque d’intérêt peut s’expliquer de plusieurs manières : moins de la moitié des Français estime que la campagne a permis d’aborder les sujets importants (41 %) ou de faire son choix entre les candidats (41 %). Après un quinquennat marqué par de nombreuses crises et mouvements sociaux, seuls 38 % des Français estiment que la campagne a permis de faire le bilan de la présidence d’Emmanuel Macron . Le président sortant ayant refusé tout débat direct avec les autres candidats avant le premier tour, les Français n’ont pas pu le voir confronter sa vision à celles des autres.

Un renversement de situation possible pour le premier tour ?

A moins de 48 heures du premier tour, et après plusieurs mois de campagne, les mouvements observés ces derniers jours suscitent le doute chez les électeurs. Plus de la moitié d’entre eux (57 %) estiment que rien n’est joué et admettent qu’ils ignorent encore qui va gagner cette élection. Ce chiffre a progressé de 13 points en deux semaines, et même 18 points en un mois, alors qu’une majorité estimaient que les jeux étaient faits le 25 mars (55 %).

L’écart entre Radio Classique et Marine Le Pen se resserre par ailleurs. Le président sortant a perdu l’avantage acquis au début de la guerre en Ukraine et voit les intentions de vote en sa faveur se tasser (26 %, -2 points cette semaine, -4 depuis la mi-mars). Le conflit apparaissant de moins en moins comme un enjeu central au moment du vote (11e place désormais, après avoir occupé la 5e place début mars), Emmanuel Macron pâtit de la disparition progressive de son rôle de chef de guerre qui avait fonctionné à plein à partir de la fin février.

De son côté, Marine Le Pen termine la campagne de premier tour avec 22 % des intentions de vote, après avoir atteint les 23 % en milieu de semaine. Il s’agit des scores les plus élevés de la candidate d’extrême-droite depuis le début de notre baromètre.

Alors qu’elle culminait à 20 % d’intentions de vote le 17 novembre dernier, elle n’avait depuis cessé de perdre son avance sur les autres candidats, et jouait sur un pied d’égalité avec Valérie Pécresse (aujourd’hui créditée de 9 % des intentions de vote). Mi-février, elle entamait un rebond vers la position qu’elle occupe aujourd’hui. Les deux candidates ont également dû composer avec la concurrence d’Eric Zemmour qui a su rassembler autour de lui de nombreux soutiens issus de LR et du RN. Le candidat de Reconquête a culminé avant la guerre en Ukraine à 15 % des intentions de vote avant de chuter à son niveau actuel (9 %).

· La campagne de Mélenchon saluée par les Français

En troisième position, Jean-Luc Mélenchon connaît également une tendance de fin de campagne favorable et parvient à suivre la même dynamique que sa concurrente du RN. Avec un score de 17 % (en hausse de 2 points depuis la fin de semaine dernière), il maintient un écart de 5 points avec Marine Le Pen.

Le candidat insoumis n’a jamais enregistré un score aussi élevé de toute la campagne : oscillant entre 9 % et 10 % d’intentions de vote d’octobre à mi-février, il a connu une hausse progressive des intentions de vote en sa faveur, alors que les intentions de vote pour Valérie Pécresse et Eric Zemmour plongeaient. Les Français perçoivent cette dynamique : 18 % d’entre eux estiment que Jean-Luc Mélenchon est le candidat qui a marqué le plus de points au cours de la semaine passée, faisant ainsi jeu égal avec Emmanuel Macron (21 %).

Entre chute libre et stagnation, le sort des autres candidats s’annonce plus décevant

Les intentions de vote en faveur de Valérie Pécresse et Eric Zemmour restent stables. Alors qu’ils ont un temps rivalisé avec Marine Le Pen pour accéder au second tour, ces deux candidats ne recueillent aujourd’hui plus que 9 % des intentions de vote.

Valérie Pécresse

Alors qu’elle semblait, début février, la plus à même de l’emporter au second tour face à Emmanuel Macron (avec un écart de 4 points en faveur du présidant sortant), Valérie Pécresse a connu des intentions de vote en baisse constante depuis la mi-janvier (-9 points). La candidate LR retrouve un score presque identique à sa première mesure dans notre baromètre le 20 octobre dernier (8 %).

Eric Zemmour

Dans le cas d’Eric Zemmour, sa position russophile lui a coûté de précieux points qu’il n’a pas su récupérer au début de la guerre en Ukraine. Mesuré à 14 % le 24 février, jour du début de l’offensive de l’armée russe, l’ancien polémiste a perdu ensuite 3 points en dix jours (11 % le 7 mars), puis 2 de plus en l’espace d’un mois pour s’établir progressivement jusqu’aux 9 % d’intentions de vote qui lui sont créditées aujourd’hui.

Source : Les Echos

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