De Record en record, l’informel passe en Tunisie de 30% à 53% du PIB et assèche 13 milliards de dinars de liquidité

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Tunisie Tribune (l’informel passe à 13 milliards de dinars de liquidité) – Selon les indicateurs monétaires et financiers publiés aujourd’hui mardi 9 août 2022 sur le site de la Banque centrale de la Tunisie, le volume global de refinancement qui correspond au déficit de liquidité a atteint hier le 8 courant 12677,7 millions de dinars (MD) contre 11988,5 MD à la même date de l’année précédente soit une aggravation 689,2 MD.

Sous ce même angle, les indicateurs de l’institut d’émission révèlent que le volume des billets et monnaies en circulation atteint de sa part un record de 18769 MD en hausse de 1023 MD par rapport à l’année dernière ce qui explique l’ampleur du déficit de liquidité qui s’est creusé à un niveau inédit.

Par ailleurs, la hausse continue des financements de l’Etat par les banques qui se sont élevés à 20579,8 MD explique en partie le déficit croissant de liquidité sachant que ces financements représentent prés de 26,4% du total des crédits octroyés aux différents secteurs économiques.

Il est à noter que l’aggravation de la crise socio-économique qui secoue le pays notamment depuis 2020 avec l’émergence de la pandémie du Covid -19 et l’instabilité institutionnelle outre les répercussions du conflit en Ukraine sont autant de facteurs qui ont causé la perte de dizaines de milliers de postes d’emploi pour attirer des contingents de millions de chômeurs et de travailleurs marginaux au secteur informel.

Cependant, l’informel est actuellement le seul secteur qui accuse les chocs économiques multiples qui sévissent en Tunisie et qui pourvoit des moyens de subsistance de plus en plus rares à de larges franges sociales.

Selon un rapport publié dernièrement par le Forum Tunisien des Droits Economiques & Sociaux (FTDES) intitulé « le secteur informel en Tunisie : autorité de l’Etat ou autorité de l’informel ? », le secteur informel et la contrebande demeurent et demeureront longtemps encore comme des grandes problématiques particulièrement dans des contextes marqués constamment par les mécontentements et les mouvements sociaux à cause du chômage et de la pauvreté. Après la révolution de 2011, la Tunisie a vu la part du secteur informel passer de 30% à 53% du PIB.

Le rapport indique qu’une des premières lois de comportement du secteur informel c’est sa relation inverse avec le secteur formel, du fait qu’il se développe quand le secteur structuré est en crise, inversement quand ce dernier est en croissance, l’informel se rétrécit et son importance dans l’économie diminue puisque le secteur structuré recrute une population active qui a acquis une certaine expérience dans l’informel.

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