Sommet de la francophonie: adoption de la déclaration de Djerba

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Tunisie Tribune (Sommet de la francophonie)- Le XVIIIe Sommet de la Francophonie qui s’est déroulé les 19 et 20 novembre à Djerba, en Tunisie, autour du thème « La connectivité dans la diversité: Le numérique, vecteur de développement et de solidarité dans l’espace francophone « , marquant la célébration du cinquantenaire de la Francophonie, a été couronné par l’adoption de la  » Déclaration de Djerba « .

Les 31 chefs d’Etat et de gouvernement et 35 ministres des Affaires étrangères ont notamment évoqué l’adoption de la Stratégie de la Francophonie numérique 2022-2026, l’importance du développement d’une culture d’usage du numérique en éducation formelle et non formelle, la nécessité de la création des conditions propices pour améliorer la mobilité des personnes, appelant au dialogue et au règlement pacifique des conflits au sein de l’espace francophone selon les formats de négociations internationalement agréés.

La « Déclaration de Djerba » a, tout d’abord, rendu hommage aux pères fondateurs de la Francophonie, Habib Bourguiba (Tunisie), Léopold Sédar Senghor (Sénégal), Norodom Sihanouk (Cambodge) et Hamani Diori (Niger), et dans la continuité, le premier secrétaire général, Boutros Boutros-Ghali, soutenant la nouvelle impulsion donnée par la secrétaire générale  » pour une Francophonie renouvelée au service des populations.

Ce rendez-vous a, également, été l’occasion pour les Etats et gouvernements participants de réaffirmer leur soutien aux nouvelles orientations de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), y compris les importants chantiers entrepris dans le cadre de sa transformation, le recentrage des actions de la Francophonie sur les enjeux stratégiques que sont notamment la langue française, la démocratie et le respect des droits humains, l’accès équitable à une éducation de qualité pour tous, l’enseignement supérieur et la recherche, la formation, la culture, l’économie, le numérique, la préservation de l’environnement, ainsi que le développement durable.

Le Sommet de Djerba et la déclaration qui s’en est suivie aura été l’occasion de réaffirmer l’engagement à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, en tant que valeur universelle et condition essentielle pour atteindre les objectifs de développement durable, ainsi que la résolution à progresser dans la mise en place d’actions concertées à ce niveau.

Par ailleurs, les participants ont salué l’engagement de la Secrétaire générale et des acteurs de la Francophonie en faveur d’une gestion concertée et collective de la crise sanitaire liée à la pandémie Covid-19 au bénéfice des populations de l’espace francophone, invitant à la mobilisation en vue de faciliter un accès équitable aux services de santé, aux traitements et vaccins et à leur production. Ils engagent les Etats et gouvernements à adopter ces principes en cas de nouvelle pandémie.

Il a, également, été question de réaffirmer l’attachement à la langue française et au respect de la diversité culturelle et linguistique au sein de nos Etats et gouvernements et dans l’espace francophone, comme socle de la Francophonie.

Sur un autre plan, la « Déclaration de Djerba » regrette la récurrence des crises et conflits dans l’espace francophone et appelle au dialogue et au règlement pacifique de ces situations selon les formats de négociations internationalement agréés, conformément aux buts et principes de la Charte des Nations unies dans le respect de la démocratie, des droits de l’Homme, de la souveraineté des Etats et du droit international.

Dans cet ordre d’idée, la « Déclaration de Djerba » déplore les conséquences mondiales sur le plan énergétique, alimentaire, économique et humanitaire ainsi que l’accroissement des inégalités qui découlent de la guerre en Ukraine, appelant les Etats et gouvernements de l’espace francophone à la solidarité et invite la communauté internationale à tout entreprendre pour atténuer rapidement leur impact délétère sur les populations touchées.

Les chefs d’Etat et de gouvernement signataires de la déclaration ont, également, condamné le terrorisme sous toutes ses formes, notamment dans le Sahel, appelant à une action concertée dans la lutte contre ce fléau ainsi qu’en faveur de la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents pouvant conduire au terrorisme.

Consciente des réalités et défis auxquels est confronté l’espace francophone, de la nécessité de renforcer la cohésion de ses sociétés et soucieuse de répondre aux aspirations légitimes de ses populations, l’OIF a salué en particulier l’adoption de la Stratégie de la Francophonie numérique 2022-2026, qui confère un cadre d’action pour accélérer la transformation numérique de l’espace francophone et son intégration dans l’économie numérique mondiale, dans le respect des droits humains et de la démocratie.

Félicitant la pertinence du thème choisi pour le Sommet de Djerba, l’OIF note avec intérêt les formidables perspectives de coopération, de développement et d’innovation qu’offre le numérique, afin d’assurer une connectivité efficace entre les populations de l’espace francophone et favoriser la diffusion de la langue française dans le respect de la diversité culturelle et linguistique.

Autre idée-force de la  » Déclaration de Djerba « , la modernisation de l’administration publique et l’amélioration de l’efficacité et l’accessibilité des services, en particulier en matière d’état civil, en vue d’une meilleure maîtrise des coûts et d’une simplification des procédures, garantissant ainsi l’universalité et la transparence, prenant acte qu’à travers cet avis, les parlements francophones proposent un ensemble de mesures en faveur d’une transition numérique solidaire, équitable et inclusive, notamment en matière de fiscalité, de lutte contre la désinformation et d’accessibilité au numérique.

L’OIF a souligné, dans ce sens, l’importance du développement d’une culture d’utilisation du numérique en éducation formelle et non formelle pour l’amélioration de la qualité de l’apprentissage et de l’enseignement, la continuité éducative notamment en période de crise, l’innovation pédagogique, la diffusion des ressources éducatives nécessaires et le renforcement de l’employabilité, aboutissant à un meilleur pilotage des systèmes éducatifs ainsi qu’à l’élaboration et à la mise en œuvre de meilleures politiques publiques en matière d’éducation.

Conscients du lien étroit du numérique avec les questions liées aux mouvements des personnes, les signataires de la  » Déclaration de Djerba  » se disent attachés à la création des conditions et à coopérer pour améliorer la mobilité des personnes et à renforcer les liens économiques au sein de l’espace francophone, ce qui permettra d’ouvrir de nouvelles perspectives aux étudiants, aux universitaires, aux enseignants, aux chercheurs, aux auteurs, aux entrepreneurs, aux artistes et aux professionnels des médias et aux différents autres talents.

Ils ont rappelé, dans ce sens, l’importance, dans un contexte de transformation numérique, de préserver le livre comme support, tout en mobilisant l’ensemble des opportunités qu’ouvre le numérique à tous les niveaux de la chaîne du livre. Ils soutiennent en ce sens les conclusions des Etats généraux du livre en langue française dans le monde, tenus à Tunis en septembre 2021, et s’engagent à renforcer les politiques publiques en faveur du livre et de la lecture afin de promouvoir leur accessibilité à

Il s’agit, également, de protéger plus efficacement les droits de l’enfant en ligne, notamment concernant le harcèlement, l’exploitation et la violence sexuelles, l’exploitation économique, ainsi que toutes les autres formes de violence et de préjudice. La  » Déclaration de Djerba  » appelle à œuvrer au développement d’une intelligence artificielle éthique et responsable, ainsi qu’à l’utilisation de la langue française dans ce domaine afin notamment d’entrainer les modèles d’intelligence artificielle.

Sur un autre plan, l’OIF demeure convaincue qu’une approche d’ensemble et concertée serait indispensable dans la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière, la lutte contre la prolifération des réseaux de trafic de migrants et la traite des êtres humains, accordant une attention particulière au phénomène de la fuite des cerveaux, phénomène qui impacte les pays d’origine, et s’engage, à cet égard, à rechercher des solutions pluridimensionnelles prenant en compte les pays d’origine et les pays d’accueil.

La « Déclaration de Djerba » soutient les efforts internationaux visant l’établissement d’une paix juste, durable et globale au Moyen-Orient mettant fin à l’occupation et reconnaissant les droits légitimes du peuple palestinien à l’autodétermination, permettant la mise en œuvre d’une solution à deux Etats et la création d’un Etat palestinien indépendant, souverain, viable et contigu sur la base des frontières du 4 juin 1967, ainsi que sur la base des résolutions 242, 338, 1397, 1515 et 2334 du Conseil de sécurité, de la Conférence de Madrid de 1991 et de l’Initiative de paix adoptée au Sommet Arabe de Beyrouth de 2002.

Les signataires appellent, ainsi, les parties concernées à reprendre des négociations directes, crédibles et constructives en vue de parvenir à un règlement juste et durable de toutes les questions relatives au statut final, y compris d’Al-Qods (Jérusalem), les frontières, la sécurité et le traitement juste et durable de la situation des réfugiés.

Ils enjoignent à toutes les parties de s’abstenir de toute action unilatérale et provocatrice au risque d’approfondir le climat de méfiance et de compromettre la possibilité de parvenir à un accord de paix global et permanent au Moyen-Orient, condamnant fermement l’expansion de colonies de peuplement, les démolitions et évictions.

La « Déclaration de Djerba » exhorte la communauté internationale à maintenir, jusqu’à ce qu’une solution juste et agréée à la question des réfugiés soit trouvée, un soutien équitable à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui contribue à la stabilité de la région par l’accomplissement de sa mission à l’égard des réfugiés palestiniens dans les cinq centres d’opérations régionales.

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