Elyès Fakhfakh dévoile une alliance Ennahdha-Qalb Tounes pour renverser le gouvernement

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Tunisie-Tribube (Elyès Fakhfakh) – «C’est un réseau qui a établi une alliance sans prendre en considération les situations économique, sociale, sanitaire et sécuritaire du pays et qui ne s’intéresse qu’à ses propres intérêts. Dès le premier jour, Ennahdha ne voulait pas de ce gouvernement et souhaitait mettre en place un gouvernement d’allégeances et de privilèges en contrepartie. Ennahdha ne m’a jamais soutenu, il craignait, tout simplement, la dissolution du Parlement (lors du vote de confiance au gouvernement», a révélé le chef du gouvernement démissionnaire, Elyes Fakhfakh en ce jeudi 23 juillet 2020.

Invité d’Express FM, Fakhfakh a déclaré qu’il avait alerté le parti islamiste sur les répercussions de son appui à Qalb Tounes et qu’il avait essayé plusieurs fois de le convaincre qu’il n’était pas sur la bonne voie et qu’il allait finir par s’autodétruire.

Le chef du gouvernement de gestion des affaires courantes a, ainsi, précisé que l’alliance entre Ennahdha et Qalb Tounes, impliqué dans l’économie informelle et la contrebande, visait à renverser le gouvernement de la réforme, de la lutte contre la corruption et la politisation de l’administration et avait malheureusement atteint son objectif.

« J’aurais pu, depuis le premier jour, inclure tous les partis politiques dans le gouvernement et obéir à Ennahdha mais je n’ai pas cédé. J’aurais pu trouver un mensonge pour faire participer ce parti mais ce n’est pas pour cela que j’ai assumé la responsabilité de la présidence du gouvernement. Je regrette sinon le mutisme et l’inertie de tant de personnes, appartenant à l’élite tunisienne, et qui n’ont pas voulu intervenir face à ces perturbations. Ces personnes doivent, également, assumer leur responsabilité », a martelé Elyes Fakhfakh.

Rappelons qu’Ennahdha avait exhorté Elyes Fakhfakh à élargir la coalition gouvernementale et à inclure Qalb Tounes avant de décider de lui retirer la confiance.

Cet appel a été lancé à maintes reprises par le parti islamiste et rejeté par Elyes Fakhfakh qui avait dès le début (lors de la formation du gouvernement) écarté le parti de Nabil Karoui des négociations autour de la constitution gouvernementale vu que son programme ne correspondait pas aux priorités des Tunisiens.

Elyes Fakhfakh avait remis sa démission à la suite de la réunion tenue, le 15 juillet courant, entre le chef de l’Etat Kaïs Saïed, le chef d’Ennahdha et président du Parlement, Rached Ghannouchi ainsi que le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi.

L’Assemblée a été informée par cette démission et son approbation par le président de la République et ce conformément aux dispositions de l’article 98 de la Constitution.

Signalons aussi que cette démission a précédé, selon Saïed, le dépôt de la motion de retrait de confiance à Fakhfakh, le même jour, au bureau de l’Assemblée et qui contient 105 signatures.

Des signatures appartenant essentiellement aux députés d’Ennahdha, de Qalb Tounes, de la Coalition Al Karama, d’Al Mostakbal ainsi que de quelques élus indépendants dont l’ex-élu Tahya Tounes et ancien ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, Mabrouk Korchid.

A la suite de sa démission, Elyes Fakhfakh avait limogé des ministres nahdhaouis dont Abdellatif Mekki, Lotfi Zitoun et Anouar Maârouf.

Il est à noter que le dernier délai pour que les présidents des partis politiques, des coalitions et des blocs parlementaires présentent leurs candidats à la présidence du gouvernement au chef de l’Etat, Kaïs Saïed, est fixé à ce jeudi 23 juillet.

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