La HAICA utilise les grands moyens contre les récalcitrants, est-ce bien raisonnable !

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Tunisie Tribune (HAICA) – La HAICA a recouru une fois de plus aux grands moyens pour imposer ce qu’elle considère comme la loi. Après Zitouna TV qui a déjà subi les foudres de l’organe de régulation de l’audiovisuel, c’est aujourd’hui au tour de Nessma-TV et la radio Al-Quran al-Karim d’être réduits au silence par le force publique à laquelle la HAICA a fait appel pour mettre en exécution des décisions prises depuis plusieurs années. Les équipements de la chaine télévisée et de la radio, toutes deux privées, ont été saisis alors que leurs studios de diffusion et d’enregistrement ont été placés sous scellés.

Des journalistes, des techniciens et autres employés des deux médias dont le nombre peut être chiffré par centaines vont ainsi grossir les rangs des chômeurs qui sont déjà bien nombreux dans un secteur depuis belle lurette sinistré.

Deux médias de moins, ce n’est jamais de bon augure pour la liberté de presse, et d’expression, et encore moins pour le pluralisme des idées, de la création artistique et de la multiplicité des moyens d’information, d’éducation et de distraction.

Dans un pays qui fait ses premiers pas dans la démocratie, où les médias ont un rôle majeur, est-il normal que l’organe censé réguler, organiser, assister et ouvrir des horizons nouveaux devant les médias audiovisuels se convertir en gendarme régentant le secteur et cherchant par tous les moyens à se faire obéir, même si ces moyens passent par la coercition, la contrainte et même la fermeture et la mise sous scellés.

Certes la loi doit être appliquée dans  toute sa rigueur et celle-ci permet y compris le recours aux décisions extrêmes mais n’est-ce pas la preuve de l’échec que de devoir faire appel à ces décisions d’une extrême gravité et de s’en réjouir comme le font sans ambages certains membres de la HAICA.

D’autant que l’on assiste à une revanche que savourent les membres de l’organe de régulation après avoir été longtemps impuissants à mettre en exécution les décisions prises du fait que les dirigeants de Nessma-TV et de la radio Al-Quran al-Karim, comme d’ailleurs Zitouna-TV étaient intouchables du fait du statut de leurs dirigeants, qui ce faisant se mettaient hors-la-loi sans pour autant être inquiétés.

Du reste la HAICA n’a rien fait depuis sa création par le décret-loi 116 en date du 2 novembre 2011 et sa mise en place en date du 3 mai 2013 que de sévir et de prendre des sanctions contre l’ensemble des médias audiovisuels publics et privés. Etait-ce bien la seule fonction qu’elle était censée remplir.

Alors que la régulation ne se limitait pas à cela et qu’elle englobait d’autres domaines, qui sont restés en dehors de ses aptitudes et capacités Il ne fait pas de doute que cet épisode peu glorieux dans les annales de la HAICA, elle-même en fin de parcours et quasiment obsolète porte une marque, celle d’un esprit revanchard et rancunier.

Que la force publique soit l’instrument utilisé pour mettre en exécution des décisions de ce genre n’est pas glorieux non plus surtout que l’autorité publique a quelque chose à reprocher aux dirigeants de Nessma-TV et d’Al-Quran al Karim.

Le premier, ne l’oublions pas avait été le candidat malheureux au second tour de l’élection présidentielle de 2019 et chef du second parti de la coalition gouvernementale antérieure au 25 juillet 2021 et le second ayant été chef d’un parti politique représenté au Parlement dont les compétences ont été gelées.

Une autre chaine, Hannibal-TV la doyenne des chaines télévisées privées est dans le collimateur de la HAICA. Elle serait la prochaine cible des foudres de l’organe de régulation.

Mais tout cela est-il bien raisonnable, quand bien même il semble tout à fait légal !

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