Tripoli : « Fajr Libya » lance un assaut contre le Consulat tunisien et séquestre dix fonctionnaires

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Tripoli (Terrorisme) – La situation se dégrade entre la Tunisie et la Libye. Une milice séquestre, depuis vendredi matin (12 juin 2015) ; dix fonctionnaires du Consulat général de Tunisie dans la capitale libyenne. Aucune revendication officielle du groupe armé.

Un acte vivement condamné par le Ministère des Affaires étrangères tunisien : « Il s’agit là d’une atteinte manifeste à la souveraineté de la Tunisie et d’une violation flagrante des résolutions internationales et des règles diplomatiques qui garantissent la protection et la sécurité des fonctionnaires et des missions diplomatiques et consulaires ».

Selon des correspondants de l’AFP à Tripoli, la capitale est en majorité contrôlée par la mouvance islamiste de Fajr Libya. Les relations entre cette dernière et Tunis se sont dégradées brutalement lors de l’arrestation de Waled Klib le 14 mai dernier. Celui qui est présenté comme un des leaders de « l’Aube de la Libye » est soupçonné de terrorisme. Un mandat de dépôt a été émis à son encontre par un juge tunisien. 172 Tunisiens ont été détenus durant plusieurs jours en guise de représailles. De difficiles négociations ont abouti à la libération par petits groupes des ressortissants tunisiens.

Un chaos au centre de l’Afrique du Nord

À quelques jours du Ramadan, cette attaque éclair visant une enceinte diplomatique met la région en ébullition. Pour l’heure, on ne sait rien des revendications des miliciens. La Tunisie s’est placée il y a peu sous l’ombrelle protectrice des Américains. Lors de sa visite officielle à Washington, le président de la République Béji Caïd Essebsi s’est vu proposé un partenariat entre l’OTAN et la Tunisie.

Déstabilisation ou représaille ?

L’attaque du Consulat général relève, soit de la déstabilisation voulue par certaines katiba jihadistes en Libye, soit d’une vengeance de la part du clan proche de Walid Klib. Désormais, 1600 milices évoluent en Libye. Une situation incontrôlable. À Kebili, dans le sud de la Tunisie, un policier confiait récemment que leur marge de manœuvre était très faible face à la détermination des jihadistes. La prise par les armes d’un Consulat au cœur de Tripoli prouve qu’aucune convention, celle de Genève en l’occurrence, ne protège personne. La somalisation de la Libye n’est plus un concept mais une réalité.

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